L’organisme Cheval de Fer Lab-École qui accompagne des jeunes dans un objectif d’intégration et de réinsertion connaît des difficultés économiques qui mettent en péril ses activités.
«Bien que le mouvement Communautaire À Boutte ait fait état au cours des dernières semaines de situations précaires auxquelles font face bien des organismes communautaires, cet état de fait est bien réel pour nous actuellement et nous pousse à prendre des mesures drastiques qui vont bien au-delà des revendications du mouvement», lance Patrick Loiselle, président du conseil d’administration de l’organisme de Valleyfield dans une lettre ouverte acheminée aux bailleurs de fonds, élus et partenaires.
Il informe du même souffle que malgré des démarches soutenues, ils ne disposent pas du financement nécessaire pour maintenir les activités actuelles. «Sans solution concrète à très court terme, nous serons dans l’obligation de réduire significativement nos opérations et d’entamer une révision stratégique de nos activités dans les prochaines semaines», plaide l’entrepreneur.
Retrancher des activités
Ainsi, le conseil d’administration et la direction ont dû prendre la décision difficile de mettre sur pause le volet d’économie sociale, soit la revalorisation de vélos usagés et services de réparation, faute de moyens pour en assurer la viabilité à court terme. Cette décision implique qu’aucune activité ne pourra être maintenue dans ce secteur pour la prochaine saison de vélo.
«Toutefois, notre priorité demeure inchangée. Nous voulons assurer la continuité des services auprès des jeunes que nous accompagnons», ajoute cependant Patrick Loiselle.
Chaque année, le Cheval de Fer Lab-école rejoint de nombreux jeunes en situation de vulnérabilité, en leur offrant un milieu d’ancrage, de valorisation et de développement. «Nous agissons comme un espace complémentaire aux institutions, souvent en dernière ligne avant une rupture de parcours. Malgré cet impact positif, notre modèle actuel n’est plus soutenable sans un financement à la mission, stable et adapté à la réalité de notre intervention.»
À court terme, un double objectif
Maintenant, Cheval de Fer désire deux choses. Dans un premier temps, on désire trouver un soutien financier à la mission d’urgence, estimé à environ 12 000 $ par mois pour la prochaine année, afin de maintenir les activités dans la forme actuelle.
On désire en même temps explorer activement des solutions alternatives, incluant, la relocalisation ou le mutualisation de certains projets; des partenariats avec d’autres organismes, ou toute forme de reprise partielle permettant d’éviter une rupture de services pour les jeunes. «À plus long terme, notre objectif est d’être reconnu comme un organisme communautaire de lutte au décrochage (OCLD) ce qui nous permettrait d’obtenir un soutien financier à la mission permanent et pérenne», conclut Patrick Loiselle qui lance un appel ouvert et direct aux bailleurs de fonds, pour un soutien financier à la mission; aux instances publiques, pour un appui structurant ou transitoire et aux partenaires du milieu, pour envisager des solutions de collaboration ou de continuité.

