Un coroner dresse un portrait accablant des failles du réseau de la santé à la suite du décès d’un homme de 87 ans de Saint-Lazare, survenu le 19 octobre 2025 à l’Hôpital du Suroît.
L’octogénaire est décédé des suites d’une insuffisance respiratoire aiguë et d’une pneumonie, dans un contexte de trouble neurocognitif majeur et de perte d’autonomie avancée, selon le rapport de la coroner Me Julie-Kim Godin.
L’homme, atteint d’un trouble neurocognitif d’allure mixte, vivait avec sa conjointe, qui agissait comme proche aidante. Dès 2022, des professionnels de la santé avaient documenté ses besoins croissants : instabilité à la marche, chutes répétées, perte d’autonomie.
Une première demande de services a toutefois été fermée après seulement trois tentatives d’appel téléphonique infructueuses, alors même que son dossier mentionnait des troubles auditifs l’empêchant de répondre au téléphone.
Malgré des cotes de priorité élevées attribuées en 2024, plusieurs mois se sont écoulés avant une prise en charge, forçant l’équipe de première ligne à multiplier les relances.
Une évaluation réalisée en septembre 2025 confirmait une perte d’autonomie fonctionnelle importante, nécessitant une relocalisation. Le dossier a pourtant été fermé une seconde fois en avril 2025, une fois le domicile sécurisé, sans que les besoins liés aux troubles cognitifs et à l’épuisement de la conjointe soient comblés.
Le coroner souligne que cette dernière assumait seule une charge considérable — soins d’hygiène, gestion de la médication, surveillance nocturne — tout en occupant un emploi à temps partiel, dans un contexte où son conjoint pouvait manifester des idées paranoïdes à son égard.
Bien que des allégations de maltraitance à domicile aient motivé le signalement tardif du décès, l’enquête n’a révélé aucun mauvais traitement de la part de la conjointe. Le coroner y voit plutôt des indices de « maltraitance organisationnelle » et de maltraitance envers la personne proche aidante, résultant des délais et des fermetures de dossier répétées.
Trois recommandations ont été adressées à Santé Québec Montérégie-Ouest, notamment la révision complète de la trajectoire de soins entre 2022 et 2025 et la modification des pratiques de fermeture de dossiers, afin qu’aucun suivi ne soit clos avant que les besoins identifiés ne soient réellement comblés.
(Ce texte a été écrit avec le soutien d’un outil IA et validé par l’équipe de journalistes de Gravité).

