Marilou termine sa première année en Technique d’éducation spécialisée au Cégep Saint-Laurent et elle craint que les changements apportés par exo à ses circuits d’autobus qui quittent Vaudreuil-Dorion vers l’Ouest de l’Île de Montréal ne viennent compliquer les choses.

«Je faisais 40 minutes d’autobus avec la 40 Express qui m’amenait directement au métro Côte-Vertu à proximité du Cégep. Je devais quand même me lever à 5 heures du matin pour démarrer mes journées et être à l’heure. Maintenant, on ajoute du temps et de nombreux transferts, je vais possiblement devoir me lever à 4 h 15 pour arriver à l’heure», plaide la jeune vaudreuilloise.

Marilou faisait partie de la mobilisation organisée lundi matin, une semaine avant l’échéance d’exo quant à la suppression du circuit d’autobus et de nombreuses autres navettes, le 18 mai.

Dans le contexte de la mise en service du REM et de son antenne l’Anse-à-l’Orme, la modification vise au rabattement de tous les circuits vers cette destination à partir de laquelle les utilisateurs pourront se rediriger vers leur point d’arrivée.

Des milliers d’utilisateurs

Or, la situation ne plaît pas à tous. La ligne 40 Express est utilisée 245 000 fois par année depuis 2010. Sans compter les autres lignes, comme la 93 qui amène les étudiants vers le Collège Gérald-Godin. «Pour les usagers, cette décision ne représente pas qu’un simple changement d’itinéraires, mais la perte d’un lien direct essentiel vers le réseau métropolitain», indiquent les conseillères de la Ville de Vaudreuil-Dorion Jasmine Sharma et Vanessa Leduc. Les deux élues sont à l’origine d’une pétition pour demander à exo et au REM de repousser d’un an et d’offrir une transition plus adéquate aux utilisateurs.

Les usagers devront prendre parfois jusqu’à trois correspondances pour remplacer le lien d’autobus qui est actuellement direct. On parle d’une hausse de coûts de transport pouvant atteindre jusqu’à 75 % selon le titre utilisé et d’un allongement important des temps de déplacement.

Pour Marilou, le trajet demandera une grande adaptation. «Je vais prendre la navette au REM, puis un autre autobus, pour m’amener au métro, sans parler de la marche que je devrai ajouter. Avant, je pouvais faire mes lectures en ayant l’esprit tranquille. Maintenant avec ces transferts, je serais toujours en alerte et devrai surveiller», assure l’étudiante qui paie 120 $ par mois pour voyager vers son lieu d’études. Pour la suite, elle affirme que rien n’est clair quant à la tarification.

Un circuit pas toujours fiable

À l’usage, les gens ont vu que le REM ne possède pas une réputation de fiabilité dès son lancement. Plusieurs croient que les autobus directs sont plus sûrs. Par ailleurs, au moment de réaliser l’entrevue avec Marilou, les gens étaient en attente de la ligne 40 Express qui a affiché un retard sur l’itinéraire. «Si tu as du retard dès le départ ici, imagine rendu à l’Anse-à-l’Orme. Tu dois attendre pour les navettes qui seront parties sans t’attendre il va sans dire», déplorent les intervenants rencontrés à la gare de Vaudreuil à l’aube lundi.

«Le trajet de ma fille ressemblera à ceci : elle devra marcher une quinzaine de minutes pour se rendre à son arrêt d’autobus, qui l’amènera à la gare. Elle devra prendre un autobus qui l’amènera au REM (et non à côte-vertu). Elle prendra le REM et sortira à une station qui est plus éloignée du cégep que la station de métro. Elle devra donc prendre un autre autobus pour se rendre au métro ou à proximité du cégep. Il y a beaucoup plus d’intermédiaire dans son transport. Le temps estimé est de 35 minutes de plus pour aller, et 35 minutes pour le retour. On passe donc de 2h30 de transport par jour à 3h40. C’est énorme», conclut Johany Daigle, mère d’une étudiante collégiale, en ajoutant que le choix de ne pas faire traverser le REM à Vaudreuil alors qu’un nouveau pont est présentement en construction est déjà plus que dommage, mais couper les autobus express l’est encore plus.