Les projets de développement attendus dans le secteur ouest du territoire de Saint-Zotique suscitent des craintes pour de nombreux citoyens du secteur, qui l’ont clairement fait savoir aux élus lors d’une assemblée de consultation tenue jeudi soir à l’hôtel de ville.
Cette assemblée visait à informer les citoyens au sujet de trois projets de modification au zonage et de règlements relatifs aux plans d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA).
C’est d’ailleurs à l’égard du PIIA no 535 touchant le secteur ouest de la municipalité que les quelque 75 citoyens présents ont émis de sérieuses réserves.
Le plan présenté par l’urbaniste Anick Courval démontre différentes zones de développement qui incluent notamment des secteurs de nature résidentielle de haute densité, commerciale, ou récréotouristique. Le tout sur la base de multiples objectifs écologiques incluant notamment la présence de sentiers cyclistes et piétonniers, toitures vertes, capteurs solaires, limitation des îlots de chaleur, etc.
Le message des citoyens a été clair : on s’oppose à la construction d’immeubles à logements de 9 étages, comme l’a indiqué une résidente de la 65e avenue, Caroline Poirier, qui a dit souhaiter que les élus soient à l’écoute. Une autre citoyenne, Marie-Martine Richer, a déposé une pétition de plusieurs dizaines de signatures contre la construction de telles habitations.
Un autre résident a émis le souhait que tout ce secteur demeure tel qu’il est actuellement. «On est venu s’installer ici parce qu’on est près de la nature, parce que c’est vert», a-t-il lancé, aux applaudissements de la salle.
René St-Onge, un ex-maire de Saint-Lazare, s’est demandé à voix haute si on avait adapté ce plan à la volonté des promoteurs.
Mieux contrôler le développement
Le maire Yvon Chiasson a pour sa part rappelé que le zonage du secteur ouest permettait déjà la construction résidentielle. L’adoption du PIIA vise justement, selon lui, à contrôler ce qui va se construire dans le secteur en établissant des normes claires.
Plusieurs espaces non-construits dans ces zones sont la propriété de promoteurs immobiliers. Certains ont déjà annoncé des projets de parc aquatique et d’un hôtel, entre autres. Le maire Chiasson a toutefois indiqué qu’aucune demande de permis n’avait été reçue à l’hôtel de ville. Aucune expropriation n’est aussi dans les projets de la municipalité, a-t-il ajouté.
Il a laissé entendre que le règlement qui sera adopté à l’assemblée du 19 septembre interdirait la construction d’immeubles de 9 étages.
La conservation des zones humides présentes dans le secteur est un autre élément qui a suscité l’intérêt des citoyens. Notons que leur préservation n’est pas nécessairement assurée, avec l’adoption récente de la Loi concernant la conservation des milieux humides et hydriques, par le gouvernement Couillard.
Si cette loi a été passablement bien accueillie, elle permet néanmoins à un développeur de diminuer les contraintes environnementales associées à un projet. «Une formule de calcul aux balises claires permet d’estimer adéquatement la compensation financière qui sera exigée de l’initiateur pour compenser les pertes résiduelles de milieux humides ou hydriques et obtenir son autorisation», peut-on lire.
En fonction de deux principes fondamentaux aucune perte nette et la séquence éviter-minimiser-compenser, cette compensation financière sera versée au Fonds de protection de l’environnement et du domaine hydrique de l’État et servira à restaurer des milieux existants ou à en créer de nouveaux, de façon à atteindre l’objectif ultime d’aucune perte nette.

