Une quinzaine de personnes ont manifesté devant l`Hôpital du Suroît, lundi, afin de réclamer la fin des mesures de contrôle des patients.
Le Collectif de défense des droits de la Montérégie (CDDM) et l’Association des groupes en défense des droits en santé mentale du Québec (AGIDD-SMQ) souhaitaient se faire entendre dans le cadre de la Journée nationale Non aux mesures de contrôle.
Les mesures de contrôle sont administrées sous diverses formes, soit la contention, l’isolement, l’administration de substances chimiques ou la surveillance étroite et constante des patients. Les employés des hôpitaux ont recours à ces méthodes notamment pour diminuer les risques de chute, pour contrôler l’agressivité d’un patient ou pour empêcher l’extubation des personnes traitées aux soins intensifs.
Les organismes dénoncent toutefois le fait que ces mesures «ne sont pas toujours utilisées de manière exceptionnelle pour protéger une personne qui présente un risque de se blesser ou de blesser une autre personne».
Les organismes s’indignent particulièrement qu’il n’y ait pas d’outil de collecte de données standard permettant de vérifier si les établissements hospitaliers œuvrent à réduire le recours aux mesures de contrôle.
«D’un établissement à l’autre, les méthodes de calcul varient et sont parfois peu rigoureuses, déplore Anne-Marie Thibault, porte-parole du Collectif. Nous craignons que des personnes vivent des mesures de contrôle sans que ces dernières ne soient comptabilisées. Ce manque de rigueur peut aussi être interprété comme un désintérêt de certains établissements envers le respect des droits des usagers.»
Selon l’organisme, il y a moyen de trouver d’autres méthodes et trop peu a été fait par le gouvernement et le ministère de la Santé et des Services sociaux.
Mme Thibault signale qu’en Montérégie, seul l’hôpital Pierre-Boucher a pris des mesures afin de changer les choses sur le plan des mesures de contention. On y dénote une diminution de 25% des mesures de contention par rapport à l’année dernière.
Rappelons que le 15 mai 2015, à la suite d’une entente hors-cours conclue en Cour Supérieure, l’Hôpital du Suroît avait été contraint à payer la somme de 600 000 $ à des patients en santé mentale (jusqu’à 240 patients) qui avaient fait l’objet de mesures d’isolement ou de contention du 11 juin 2005 au 11 juin 2008.
Cette entente hors cour faisait suite à un recours collectif autorisé le 3 mai 2011 au CDDM et une patiente, Lise Brouard, victime de ces pratiques abusives à 8 reprises entre le 6 juillet 2005 et le 21 octobre 2006.
(Avec la collaboration de Mario Pitre)

