Avec ses 15 sites archéologiques, dont 4 des 7 villages connus au Québec, le secteur de Saint-Anicet représente la région la plus importante au Québec en termes de vestiges de la période iroquoienne. Un patrimoine auquel la communauté mohawk a contribué à mettre en valeur.
Selon Michel Gagné, archéologue de la MRC du Haut-Saint-Laurent, le programme d’inventaire archéologique qui a mené à la découverte de villages iroquoiens d’importance nationale sur le territoire de la MRC, dont celui du Centre d’interprétation du Lieu historique national du Canada du site Droulers-Tsiionhiakwatha, représente un projet hors du commun et unique au Québec. L’archéologue mentionne que la communauté mohawk d’Akwesasne a été impliquée dans le processus dès les premières découvertes et par la suite, dans la mise en valeur de leur patrimoine archéologique à partir de 1997.
«Des étudiants mohawks ont participé à des inventaires dans la région de Saint-Anicet et l’archéologue municipal de la MRC a dirigé une même évaluation sur la réserve d’Akwesasne en 1997, permettant ainsi de recenser des sites majeurs, dont un village iroquoien», dit-il.
Incidemment, la construction du village iroquoien d’époque que l’on retrouve sur le site Droulers-Tsiionhiakwatha, de 1997 à 2000, a fait l’objet d’une remarquable collaboration entre des jeunes provenant de la communauté mohawk d’Akwesasne et d’autres provenant des communautés francophone et anglophone de la région.
Avec sa reconstitution d’un village iroquoien et de ses maisons longues de la fin du 15e siècle, le site est reconnu d’importance nationale et a été récipiendaire des Grands prix du tourisme à sept reprises, en plus d’être reconnu par la société National Geographic et le Musée Smithsonian de Washington.
Réconciliation nationale
À l’occasion du 15e anniversaire du site à l’été 2015, le ministre québécois responsable des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, a rappelé: «On a tout intérêt à mieux connaître les peuples autochtones et le site Droulers est le meilleur exemple d’une possible compréhension de nos voisins, car la méconnaissance entraîne souvent les préjugés.»
Depuis l’ouverture, des représentants du Conseil de bande d’Akwesasne siègent au CA du centre d’interprétation. La chef de clan du Conseil Mohawk d’Akwesasne, Karen Loran, a aussi témoigné du partenariat mené avec le site et la MRC du Haut Saint-Laurent. «Les élèves de nos écoles se rendent au site à chaque année, on contribue aussi à l’animation du site à partir de nos légendes ou de pièces d’artisanat.»
Les liens entre ces deux communautés s’est aussi matérialisé récemment dans le cadre du projet Sharing Throught the Generations – le sentier partagé, qui a réuni deux artistes, dont John Ryan (qui signe chaque semaine la caricature du Gleaner) et Nathasha Smoke Santiago, d’Akwesasne. Le projet a donné lieu à un documentaire réalisé par le cinéaste Alain Boisvert.

