Ange-Marie Delforge et son mari Jack Thomas produisent des patates, du soya et du maïs à Coteau-du-Lac.

Or, avec la fermeture des restaurants, des hôtels et des institutions, la production déjà en inventaire est à risque. « Nos pommes de terre sont destinées à la restauration. Elles sont trop grosses pour les épiceries. Alors, avec toutes ces fermetures, nous avons des milliers de livres de patates non écoulées. Pour notre soya et notre maïs, c’est destiné à la production animale. Mais c’est la même chose. Les producteurs ne vendent plus de bœufs, de porcs, de poulets aux restaurateurs. On se retrouve au même endroit, avec le même problème. Certains vont devoir se départir d’une partie de leur cheptel », indique Ange-Marie Delforge qui doit faire preuve de résilience.

S’adapter en période difficile

Plutôt que de perdre toutes ces denrées, elle et son mari ont décidé d’en faire profiter les gens de la région. « On emballe nos patates à la main. Parce que nous ne sommes pas équipés pour emballer industriellement. Et nous vendons des 50 livres de pommes de terre pour 15 $. Nous avons installé un kiosque à la ferme. C’est en libre-service. Les gens déposent 15 $ dans une boîte destinée à cette et choisissent un sac de patates. Des rouges ou des blanches », explique la dame.

Et pour une famille de quatre, 50 livres, c’est beaucoup? Il faut en manger des patates. « Oui, mais nos patates ne sont pas lavées contrairement à ce qu’on retrouve dans les sacs d’épicerie. Il y a encore la terre autour. Ça protège. Ça conserve plus longtemps. En les entreposant dans un endroit frais, comme un garage ou dans le sous-sol, on en a pour longtemps. Comme nos grands-mères faisaient à l’époque », avise Ange-Marie Delforge.

Outre ses tubercules, la dame offre aussi les choux produits par ses neveux. « Des choux qui viennent aussi de Coteau-du-Lac. C’est difficile pour eux aussi. Leur marché est aussi axé vers la restauration », lance l’agricultrice.

Des dons éventuels

Ange-Marie Delforge aimerait également en faire profiter le plus de personnes possible. « Je sais qu’il y a des dons de toutes sortes qui se font dans les hôpitaux. J’aimerais donner une partie de ce que nous avons à l’hôpital du Suroît et au Lakeshore. Ils pourraient sûrement nourrir les patients et les anges de la santé avec nos patates », souhaite-t-elle. Une façon ingénieuse de donner au suivant en cette période de crise sanitaire où chaque geste compte.

On peut se procurer des pommes de terre locales directement à la ferme en se présentant au 103, chemin Saint-Emmanuel à Coteau-du-Lac. Il faut avoir le montant exact en argent comptant. Pour le chou on compte aussi 15 $ les cinquante livres.