Joanie Lepage a reçu une sentence de deux ans de prison pour sa participation à la séquestration d’un groupe de personnes dans son sous-sol de Les Cèdres.
Le juge Joey Dubois a ainsi entériné la suggestion de la couronne, représentée par Me Patrick Cardinal. Me Patrick Davis, en défense, avait milité pour une détention dans la collectivité, chez sa mère.
Comme l’accusée a déjà purgé l’équivalent de 401 jours de façon préventive, elle a toujours 329 jours à passer derrière les barreaux.
Plusieurs conditions s’ajoutent à la sentence notamment des interdits de contact avec les victimes et les autres personnes impliquées ainsi que l’interdiction de consommation d’alcool ou drogues.
Rappelons que le 11 décembre dernier, Joanie Lepage avait plaidé coupable à une accusation de séquestration.
Celle-ci découlait du kidnapping de quatre personnes, dont l’influenceur en cryptomonnaie Kevin Mirshahi, en juin 2024 à Montréal.
Ultimement, M. Mirshahi a été retrouvé sans vie au mois d’octobre suivant.
La preuve a démontré que Joanie Lepage avait loué son sous-sol à des malfrats. Ses problèmes de consommation l’auraient incitée à agir avec «aveuglement volontaire».
Responsabilité à assumer
Théoriquement, la peine aurait pu être purgée dans la collectivité. Une peine qui ne serait toutefois pas adéquate a expliqué le juge.
«L’accusée doit être tenue responsable de ses actes et dissuadée d’agir de cette manière dans le futur, a exprimé le juge Dubois. Il faut aussi lancer un message général à l’effet qu’un tel comportement, avec les conséquences qui peuvent en découler, et qui en ont découlé dans ce cas précis, ne saurait être toléré. Les objectifs de dénonciation et de dissuasion doivent primer dans le cas de qui, sous prétexte de ne rien voir et de ne rien savoir, permettent à l’intérieur même de leur résidence, à des criminels d’agir en tout impunité.»
Problème de consommation
Dans sa décision, le juge soulève que l’accusée a continué de consommer durant sa détention, en maison de thérapie et même à l’hôpital.
Ce qui implique un risque de rechute élevé selon son médecin responsable.
«Manifestement, ce problème n’est pas réglé à ce jour, a dit le juge Dubois. Si, comme le prétend la défense, la consommation a joué un rôle dans sa décision de prendre part à cette aventure criminelle, et teinte ses choix de manière générale, alors le risque de récidive ne peut être écarté.»
Le Tribunal n’a pu conclure que Mme Lepage était réellement engagée sur la voie de réhabilitation. Sa volonté de changer s’est manifestée récemment. Le juge reconnaît les efforts faits, mais invite l’accusée à poursuivre ses démarches.
