Le boycott que préconise le premier ministre ontarien Doug Ford à l’égard du whisky Crown Royal produit par la distillerie Diageo laisse craindre des effets négatifs sur les activités de l’usine de production campivallensienne.
Le premier ministre ontarien préconise ce boycott en réaction à la fermeture de l’usine d’Amherstburg, en Ontario, prévue en février. Cette fermeture découlerait notamment des nouveaux tarifs imposés par Washington sur les importations d’alcool. L’embouteillage destiné au marché canadien serait ainsi transféré à Valleyfield.
Le flamboyant premier ministre avait d’ailleurs étonné en vidant une bouteille complète de whisky Crown Royal en pleine conférence de presse, en septembre dernier.
Les craintes en regard de ce boycott ont été manifestés d’une part par le syndicat des employés de Diageo, les Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC) au début de janvier. Bien que solidaire avec les travailleurs ontariens, le président Barry Sawyer a déclaré que «Se serrer les coudes ne signifie pas seulement se serrer les coudes pour l’Ontario… tous les travailleurs canadiens doivent se rassembler et faire preuve de solidarité.»
Le Syndicat estime que le boycottage n’est pas la solution et rappelle que des centaines de ses membres travaillent à la fabrication de Crown Royal au Canada.
Localement, la députée bloquiste Claude DeBellefeuille a également fait une sortie à ce sujet. Selon elle, «si la menace du Premier ministre de l’Ontario devenait réalité, c’est notre usine, nos travailleurs et nos producteurs agricoles qui en payeraient le prix.»
La députée rappelle que l’usine Diageo compte maintenant 300 travailleurs et fait affaire avec un nombre considérable d’agriculteurs québécois dans la production de ses différents breuvages alcoolisés.
«Dans le contexte économique difficile avec les États-Unis, nous n’avons pas besoin de nous faire menacer économiquement par notre voisin de l’Ontario. Je joins ma voix à tous les élus qui demandent au premier ministre Ford d’entendre raison et de renoncer à ce boycott insensé du whisky Crown Royal», conclut Mme DeBellefeuille.
Rappelons par ailleurs que Diageo a procédé à des investissements estimés à plus de 90 M$ ces dernières années à ses installations de la rue Salaberry pour rendre son usine carboneutre. La moitié de ces investissements provient d’argent public.

