Alors que le premier ministre ontarien Doug Ford lance un appel à l’unité canadienne, le maire de Salaberry-de-Valleyfield, Miguel Lemieux signale que sa menace de boycott du whisky Crown Royal produit par Diageo menace concrètement l’économie du Manitoba et du Québec.

Dans une intervention publiée sur son profil Facebook, le maire rappelle l’intention du premier ministre ontarien bannir le Crown Royal des tablettes de la LCBO à la fin-février si la décision de Diageo de fermer l’usine d’embouteillage ontarienne d’Amherstburg était maintenue.

Notons que l’usine Diageo de Salaberry-de-Valleyfield verra à l’embouteillage du Crown Royal destiné aux marchés canadien et international.

«On peut le comprendre d’être déçu, mais il y a un hic majeur, explique le maire Lemieux : le Crown Royal étant un whisky canadien, il doit donc être produit au Canada. La célèbre boisson de Diageo est donc distillée à 100 % entre ses usines de Gimli au Manitoba et de Salaberry-de-Valleyfield au Québec. Ainsi, bannir ce produit de la LCBO aurait pour effet de provoquer des pertes d’emplois directement au Canada et nulle part ailleurs.»

Le maire campivallensien reprend également M. Ford sur son appel à l’unité canadienne. «Je ne pourrais… rien trouver qui s’éloigne plus d’une démonstration d’unité que cette menace contre ses propres voisins, dont il réclame par ailleurs l’appui pour protéger son industrie automobile», note-t-il, percevant cette menace comme un signal d‘un mouvement de « chacun pour soi ».

Il salue le premier ministre manitobain pour avoir dénoncé cette menace et dit souhaiter pareille intervention des premiers ministres Legault et Carney.

Le maire termine en déclarant «Si Doug Ford nous demande, d’un côté, de nous unir pour le défendre et, de l’autre côté, agit concrètement pour détruire nos emplois, nous n’accepterons pas d’être les invités de son dîner de cons!»