Avec toute l’énergie qu’elle déploie, Romy, qui aura bientôt 4 ans, est la preuve bien vivante que les transfusions de sang sauvent des vies.

«Je suis tombée enceinte après de nombreuses années d’essais. Ça a pris presque 10 ans. Mais quand je suis tombée enceinte de Romy, nous étions très heureuses», raconte Julie, l’une des deux mamans de la fillette débordante de joie et de sourires, au sujet d’elle et de sa conjointe.

«À 18 semaines, nous avons passé une échographie et les médecins ont constaté que son cœur était à droite. Rapidement, certains ont évoqué l’avortement. Mais à Sainte-Justine, pour un autre avis, on a vu que le cœur était bien attaché, qu’il était viable. Il n’y avait donc pas de problème à poursuivre la grossesse», lance celle qui est aussi famille d’accueil pour des enfants de la DPJ et qui en hébergeait déjà quelques-uns à l’époque.

D’autres complications

Ainsi, Julie mène fort bien sa grossesse jusqu’à la veille de l’accouchement prévu. «Je ne sentais plus le bébé bouger. Mais avec d’autres enfants à m’occuper, est-ce que ça faisait une heure, une demi-journée? Je ne savais pas. Mais je suis rapidement venue à l’Hôpital de Valleyfield où une horde de soignants nous ont prises en charge d’urgence», narre la maman, toujours avec une pointe d’émotions.

Celle qui devait accoucher au CHUM se fait maintenant dire qu’elle devra accoucher via une césarienne d’urgence à Valleyfield. «Le transfert en ambulance était impensable. Ils allaient perdre Romy, ou moi, ou les deux. J’ai envoyé un message à mes proches en leur disant que ce serait peut-être le dernier», évoque Julie.

Une naissance émouvante

Romy naît quelques minutes plus tard, à 14 h 11, le 23 mai, dans un silence total, inquiétant, presque morbide. «Il y avait l’excitation, mais surtout la crainte. Elle était silencieuse et blanche. Blanche comme ton bloc-notes», dévoile Julie qui entendait seulement ses propres cris envers sa fille en l’encourageant à vivre et les intervenants mentionner qu’ils devraient intuber le poupon.

«Ils ont alors fait une première transfusion et ça l’a sauvée. Elle a repris des couleurs et des forces. Ils l’ont ensuite transférée à Sainte-Justine où elle a reçu une deuxième transfusion. On m’a expliqué qu’elle avait perdu 70 % de son sang dans mon ventre et qu’elle avait aussi manqué d’oxygène. Le médecin qui m’a accouchée m’a alors prévenue qu’elle vivrait possiblement dans un état végétatif, qu’elle ne parlerait pas, qu’elle ne ferait pas de vélo. Les pronostics étaient mauvais», déplore la dame, flanquée de sa grande Romy souriante.

Un regain

Moins de 24 heures plus tard, à Sainte-Justine, les médecins la rencontrent et parlent de miracles en dévoilant que Romy ne porte alors aucune séquelle. «Ils se demandent pourquoi. Mais au bout de six jours elle est sortie, sans séquelle. Encore aujourd’hui, ça va bien», sourit Julie.

Si bien que la fillette et ses mamans ont décidé de donner au suivant en organisant alors, depuis quatre ans, chaque mois de mai, une collecte de sang en collaboration avec Héma-Québec.

«On va aussi rencontrer des employés et des bénévoles d’Héma-Québec pour des conférences et on dit, sans vous, il n’y aurait pas de nous. Chaque don compte et on invite les gens à être généreux», invite-t-elle.

Romy, qui sera sur place pour tenir la main des donneurs craintifs ou nerveux, distribuera également des collants avec son joli minois, le 12 mai, entre 13 h et 19 h au Centre communautaire Rémi-Sauvé de Saint-Télesphore. L’objectif est de 63 donneurs, mais surtout de sauver des vies, comme celle de la formidable et pétillante Romy.