Plus de 48 heures après un accident de motoneige dans lequel il s’est fracturé un poignet et qui nécessite une chirurgie d’urgence, Patrick Bousez demeure chez lui à attendre l’appel de l’hôpital.

M. Bousez était en randonné de motoneige avec son fils et un ami dans le secteur  de Saint-Jérôme le dimanche 11 février lorsqu’il a été victime d’un accident. Alors qu’il circulait approximativement à une vitesse de 80 km/h, il n’a pas été en mesure d’éviter un fossé; subissant par le fait même une fracture majeure du poignet. «Le fossé avait une profondeur d’environ 10 pieds, mentionne M. Bousez. Il y avait du brouillard et je n’ai pas été capable de l’éviter.»

À la suite de l’accident, celui qui occupe les fonctions de maire de Rivière-Beaudette et préfet de la MRC de Vaudreuil-Soulanges a été conduit à l’Hôpital de Saint-Jérôme.  «Après les examens, le médecin m’a avisé que je devais être opéré, confirme M. Bousez. Il devait me mettre des visses et des tiges dans le poignet. Cependant, afin de faciliter ma réhabilitation, le médecin m’a dit qu’il était préférable de me faire opérer à l’Hôpital du Suroît puisque c’est là que je ferai mon suivi post opératoire. Le médecin de Saint-Jérôme a donc communiqué avec l’Hôpital du Suroît et il m’a avisé que je serais appelé pour me faire opérer le lendemain matin.»

Puisqu’il n’a pas reçu d’appel, M. Bousez s’est présenté directement à l’établissement de santé situé à Salaberry-de-Valleyfield le lendemain. «J’ai un plâtre temporaire et mes doigts sont froids et commençaient à devenir bleus. À l’Hôpital du Suroît, j’ai été installé sur une civière dans le corridor et j’ai reçu des injections aux trois heures. Par contre, je n’ai toujours pas été opéré.»

«Mon chien se casse une jambe en moins de quelques heures tout est réglé. Où est la logique?»-Patrick Bousez

Alors qu’il n’avait pas mangé depuis plus de 24 heures, car il était en attente de se faire opérer, Patrick Bousez a appris que la chirurgie serait repoussée de 72 h. «Je n’en veux aucunement aux gens de l’hôpital. J’ai eu de bons soins autant à Saint-Jérôme qu’à Salaberry-de-Valleyfield. Les employés étaient tous gentils et travaillants. Par contre, cela prouve que le système de santé est malade et que quelque chose doit être fait.»

Comble de l’ironie, Patrick Bousez a quitté l’Hôpital du Suroît à 13 h 30. Une fois de retour chez lui, une surprise de taille l’attendait. «J’avais un message sur le répondeur laissé à 10h30 ce matin pour me dire qu’il y avait une place pour moi cet après-midi. C’est parce que j’étais hospitalisé que je n’avais pas répondu chez nous.»

Pour Patrick Bousez, la situation actuelle confirme le besoin d’avoir un hôpital dans Vaudreuil-Soulanges. «C’est un manque de vision du gouvernement en lien avec le développement de la région. Vaudreuil-Soulanges est la seule région au Canada qui compte 150 000 personnes et qui n’est pas desservie par un hôpital.»

Dénonçant la situation sur son compte Facebook, M. Bousez ne se gène pas pour écrire : «Faisons une dernière campagne en annonçant l’hôpital pour 2025.» Ce à quoi la députée de Soulanges et ministre déléguée Lucie Charlebois rétorque  «Je sais que tu es souffrant Patrick alors je vais m’abstenir, écrit Mme Charlebois, en réponse au commentaire. Oui on va faire l’hôpital tout comme l’autoroute 30, on a commencé le dossier et on va le terminer.»