Cette autre disgrâce impliquant la réplique du voilier avec lequel Jacques Cartier a navigué pour sa 2e grande expédition de la France au Québec, en 1535, n’est pas sans rappeler la saga judiciaire d’une durée de 6 mois qui a entouré le controversé départ de la Grande Hermine à Salaberry-de-Valleyfield en 1995.
A l’époque, les autorités municipales avaient amené le propriétaire du voilier naufragé, Robert Faubert, devant les tribunaux afin de l’obliger à l’évacuer de la baie Saint-François. Initialement, la demande d’injonction devait être entendue le 22 février jusqu’à ce que le propriétaire du bateau-restaurant-bar réplique avec une mise en demeure enjoignant la Ville à lui payer les sommes dépensées – on parlait de près d’un million $ – pour réparer les dommages.
Le propriétaire tenait l’administration municipale responsable du naufrage du navire à la suite de l’interruption de l’alimentation électrique, le 23 janvier 1995, et il alléguait que la Ville devait couvrir les coûts associés au renflouage. Quatre mois auparavant, en septembre 1994, les autorités municipales avaient mis fin prématurément à l’entente signée avec le propriétaire pour des raisons de non-paiement.
Le processus judiciaire a mené subséquemment à une ordonnance prononcée par un juge de la Cour Supérieure à l’effet que la Grande Hermine devait quitter le quai d’amarrage du parc Delpha-Sauvé, le 26 juin 1995 à minuit, et ce résultant d’un consentement des deux avocats pour fermer le dossier.
Or, même si le tribunal a tranché en faveur d’une expulsion en date du 26 juin du voilier devenu indésirable, après avoir été une destination gastronomique appréciée pendant un peu moins de 2 ans, il a fallu attendre 8 jours additionnels avant de voir déguerpir le voilier mal aimé.
Voyant l’obstination du propriétaire, le maire du temps, Gaétan Rousse, avait pris l’engagement que la Grande Hermine disparaîtrait du paysage avant les 57e Régates de Valleyfield. Le premier magistrat du temps a tenu promesse et la portion campivallensienne de ce dossier pour le moins «houleux» est arrivée à sa finalité le 4 juillet 1995, au grand soulagement des élus municipaux et de la population.
Le Grande Hermine a été escortée par des bateaux remorqueurs à l’extérieur de la baie pour aller accoster au … quai fédéral de Coteau-Landing (Les Coteaux). Des travaux majeurs ont été nécessaires pour restaurer la coque, la salle à manger et des murales, avant que la Grande Hermine se remette à voguer en direction des eaux ontariennes. Avant le grand départ du bateau qui avait hérité du surnom de «Mimine», une requête pour outrage au tribunal avait été déposée contre Robert Faubert par la Ville de Salaberry-de-Valleyfield mais cette réquisition n’avait finalement pas été entendue.
