Lise Tomlet, 68 ans, est décédée à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont le 15 décembre dernier à la suite d’un cancer du poumon avec métastases aux ganglions et au cerveau. Une semaine plus tôt, l’Hôpital du Suroît lui avait demandée de quitter puisqu’elle ne nécessitait plus de soin.
L’hospitalisation de Mme Tomlet à l’Hôpital du Suroît a commencé le 8 novembre. À ce moment, les professionnels qui ont fait son évaluation ont considéré la dame semi-autonome donc, non admissible pour être admise en CHSLD.
Le cas de Lise Tomlet est particulier. Son fils, Martin Pilon, confie qu’elle se trouvait dans une zone grise. «L’espérance de vie de ma mère était trop longue pour être admise dans une unité de soins palliatifs. Donc, lorsque sa situation s’est améliorée, le médecin lui a dit que si elle voulait rester à l’hôpital, elle devrait payer 800 $ par jour. Devant ce fait, ma mère a paniqué», explique M. Pilon.
«Lorsque j’ai parlé avec les responsables, on m’a dit que ma mère avait mal compris. Que le médecin avait surement voulu dire entre 800 $ et 1700 $ par mois et non par jour. À ce prix-là, nous n’aurions pas fait souffrir et stresser ma mère pour rien. On aurait payé 1700 $ par mois simplement. Comme son état demandait beaucoup de soins, je ne pouvais pas l’amener vivre chez moi.»
L’homme se dit attristé que sa mère ait eu à vivre un stress aussi important. «Ma mère n’allait vraiment pas bien, assure-t-il. Lorsque nous avons trouvé une résidence pour elle, un médecin a dû lui administré une injection de morphine simplement pour qu’elle puisse se lever de son lit et être transportée», s’indigne celui qui dit essayer de se tenir loin de l’Hôpital du Suroît dorénavant.
Selon l’hôpital, elle est assez autonome pour quitter
Chantal Arsenault, directrice du Programme de soutien à l’autonomie chez les personnes âgées à l’Hôpital du Suroît justifie la décision. «Sans entrer dans les détails de cette situation, dès qu’une personne ne nécessite plus de soins aigus, nous favorisons le retour à la maison. L’hospitalisation n’est alors plus requise», souligne Mme Arsenault avant d’ajouter qu’aucun médecin ne pouvait prédire que l’état de santé de la patiente allait se détériorer aussi rapidement après son transfert.
Le séjour en résidence privée de Lise Tomlet a été très court. On parle de quatre jours. «Ma mère a été admise à l’Hôpital Maisonneuve-Rosement et elle est décédée deux jours après. À l’Hôpital du Suroît, elle n’a jamais été réévaluée avant de partir. Elle avait un cancer de stade 4. En menaçant ma mère de payer 800 $ par jour pour sa place, le médecin savait très bien qu’elle aurait voulu quitter, donc, libérer un lit.»
Martin Pilon a discuté avec plusieurs intervenants du milieu de santé depuis le décès de sa mère. Aucun d’eux ne lui a offert d’excuse. «S’excuser est l’équivalent de reconnaitre son tort donc, personne ne s’est avancé», déplore M. Pilon.
