Après avoir dénoncé des cas de maltraitance envers des résidents, deux employées de la Maison des aînés situé à Salaberry-de-Valleyfield, se disent victime de harcèlement de la part de l’employeur et de certains collègues de travail.
Julie Goudreault et Pascale Ricard sont en arrêt de travail pour des raisons de harcèlement psychologique. Sur les papiers médicaux remis par les dames au Journal Saint-François, il est inscrit par le médecin traitant «Épisode dépressif majeur secondaire à du harcèlement psychologique au travail ainsi qu’une référence médicale pour de la psychothérapie.»
Les prétendus épisodes de harcèlement auraient débuté en janvier lorsque les deux dames ont dénoncé un infirmier qui s’est livré à des gestes de violence sur un résident. «Il a craché au visage du résident, indique l’infirmière auxiliaire Julie Goudreault. Par la suite, il l’a saisi par les bras et il l’a lancé sur son lit. C’est un comportement inacceptable.»
L’infirmier auxiliaire a été congédié par l’employeur après avoir reconnu sa culpabilité. Toutefois, comme mentionne Pascale Ricard dans la même période, une préposée aux bénéficiaires a commencé à s’en prendre verbalement à une résidente qui souffre de la maladie d’Alzheimer. «Je l’ai entendu dire des choses comme : Si la bâtisse prend en feu, je te laisse brûler, déplore Mme Ricard. Une autre fois, elle lui a dit : Si vous faites une crise de cœur dans votre chambre, je ferme la porte et je vous laisse mourir. C’est sans oublier les fois où elle lui dit qu’elle est laide avec ses cheveux gras.»
Après avoir déposé des plaintes pour dénoncer les agissements, les deux elles prétendent que l’employeur et certains collègues ont commencé à les intimider. «Quand l’infirmier a été congédié, les gens de son équipe venaient nous voir pour nous dire qu’on devrait se sentir mal d’avoir fait perdre la job du fautif. Par la suite, chaque fois qu’on travaillait, des gens riaient de nous», relate les deux dames.
Il serait possible pour elles de simplement quitter leur travail pour aller pratiquer dans un autre établissement. Cependant, elles souhaitent dénoncer. «Si on quitte pour aller ailleurs, la situation de maltraitance va se poursuivre, rage Julie Goudreault. Il y a des collègues qui disent nous soutenir, mais qui refusent de parler, car elles ne souhaitent pas être dans notre situation et devenir des victimes d’harcèlement.»
Les deux dames avouent avoir eu une rencontre avec le directeur général de la Maison des aînés, Denis Charland. «Il m’a demandé c’était quoi pour moi du harcèlement, fait savoir Mme Goudreault. Il m’a aussi informée qu’il avait déposé une plainte à l’Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec puisque la soirée où j’ai été à l’hôpital, je n’avais pas avisé personne de mon départ. Pourtant, ma feuille de temps a été signée par l’infirmière en charge.»
Depuis qu’elles sont en arrêt de travail, Julie Goudreault et Pascale Ricard attestent que l’intimidation et le harcèlement n’ont pas arrêté.
«Nous recevons des messages textes ou ça passe par les réseaux sociaux, s’indigne Mme Ricard. En 15 ans de travail, je n’ai jamais rien eu comme problème avec mes employeurs et lorsque je fais une plainte sur quelqu’un qui maltraite une bénéficiaire, je deviens victime de harcèlement.»
Invité à exposer sa version des faits, le directeur général de la Maison des ainés, Denis Charland, soutient qu’une enquête interne ne prouve pas que les deux dames ont été victimes d’harcèlement. «Je n’ai jamais reçu de plainte de leur part avant qu’elles soient en congé de maladie, souligne M. Charland. Tout ce qu’elles ont allégué a été démenti par les autres. J’ai deux plaignantes et 12 autres employées qui assurent que c’est faux. Même la représentante syndicale est en désaccord avec les plaintes des deux travailleuses.»
Pour ce qui est des cas de maltraitance, le directeur général confirme qu’un infirmier a été congédié pour maltraitance. «C’est un cas isolé et dès que nous l’avons appris, nous avons procédé.»
Pour ce qui est de l’autre dame qui se livrerait à des paroles injurieuses, Denis Charland explique qu’elle a été suspendue trois semaines pour enquête, mais que rien ne confirme qu’elle a posé les gestes et paroles reprochés. «Je conteste les allégations et les deux dames devront répondre à la CSST. J’ai jusqu’au 9 mai pour remettre mes papiers d’enquête. Il y avait une troisième employée d’impliquée, mais elle s’est désistée, car elle doutait de la véracité de la situation.»
