À l’Office d’habitation (OH) de Beauharnois, 86% des logements HLM sont dans un état satisfaisant, selon les données de janvier 2026 du gouvernement du Québec. Une performance loin devant le portrait de la Montérégie, dont 62,7% des logements à loyer modique sont dans un état satisfaisant.

Dans Beauharnois, 97 logements répartis dans 3 immeubles sont jugés dans un état satisfaisant, alors que 16 logements répartis en un bâtiment sont en mauvais état. Il s’agit du 60, rue Bourcier.

Ces données ont été récemment dévoilées par la Fédération des locataires d’habitation à loyer modique du Québec (FLHLMQ).

Les immeubles sont classés en vertu d’une cote allant de A à E. Les bâtiments classés A, B et C sont jugés en bon état, ceux D et E, en mauvais état.

Ces cotes sont établies selon les bilans de santé des immeubles, effectués aux cinq ans. «Un immeuble classé C, par exemple, il pourrait y avoir les fenêtres à changer. Les bâtiments D et E, il n’y a pas eu de travaux majeurs depuis 35 ans», explique Patricia Vianney, coordonnatrice à la FLHLMQ.

Le déficit de maintien des actifs se chiffre à un peu plus de 107 000$.

Valleyfield

Les données sont aussi positives du côté de l’OH de Salaberry-de-Valleyfield, avec 70% des logements (9) jugés dans un état satisfaisant. Trois sont considérés en mauvais état, soit sur le boul. du Havre, rue Saint-Thomas et rue Gougeon.

Entre 2023 et 2026, le déficit de maintien des actifs a plus que doublé, passant de 1,15 M$ à 2,43 M$.

À l’OH du Haut-Saint-Laurent, 63% des logements à loyer modique sont dans un état satisfaisant. Ces 93 logements sont répartis dans 5 immeubles, alors que l’on retrouve 61 logements en mauvais état dans 15 bâtiments.

Entre 2023 et 2026, le déficit de maintien des actifs a peu bougé, passant de 2,9 M$ à 2,8 M$.

L’Office municipal d’habitation de Saint-Urbain-Premier n’a la responsabilité que d’un seul bâtiment, 13, rue De l’École, qui a obtenu la cote D. Le déficit se chiffre à un peu plus de 108 000$.

En Montérégie, 5 des 13 offices d’habitations de la région affichent des taux de logements en état satisfaisant plus élevés que la moyenne provinciale.

Vaudreuil-Soulanges

L’Office municipal de Vaudreuil-Soulanges fait piètre figure en matière d’entretien de ses immeubles. En 2026, seulement 39,4% des logements ont obtenu les cotes A, B ou C, nécessaires pour que leur État soit jugé satisfaisant.

Ce sont 174 logements répartis dans 11 bâtiments qui sont considérés en mauvais état. Quatre ont récolté la cote E : 422, rue Valois à Vaudreuil-Dorion, 155, 37e avenue à Saint-Zotique, 95, croissant des Outaouais à l’Île Perrot et 85, rue Adrien-Rouleau à Les Coteaux.

Le déficit de maintien des actifs s’élève à 4,4M$, ce qui est considérablement moins qu’en 2023 (6,8 M$).

Écarts

À la FLHLMQ, Patricia Vianney indique que deux raisons peuvent expliquer une hausse significative du déficit de maintien des actifs en trois ans.

Dans certains cas, le bilan de santé de l’immeuble n’a pas été fait en 2023, mais quelques années plus tôt. Les statistiques de 2023 témoignent donc d’une réalité antérieure, et créent un écart encore plus grand avec le portrait de 2026.

«Dans d’autres cas, il n’y a pas eu de travaux, ce qui fait que la situation se dégrade», relève-t-elle.

L’explosion des coûts dans le milieu de la construction complique aussi les tâches des offices municipaux d’habitation.

Mme Vianney déplore que parfois, malgré les investissements, les locataires n’en bénéficient que très peu. «On entend parfois sur le terrain que le stationnement a été refait. C’est très cher, dont c’est un gros pourcentage du déficit de maintien des actifs, mais au final, ce n’est pas tant un meilleur immeuble qu’avant pour les propriétaires.»

« Il faut plus de temps »

Selon Patricia Vianney, l’Entente Canada-Quebec sur le logement, signée en octobre 2020, doit être prolongée.

Elle craint que la Montérégie, comme d’autres régions du Québec, n’atteigne pas ses objectifs de rénovation de son parc public d’ici la fin de l’entente, en 2028.

La FLHLMQ demande aux ministres responsables de l’habitation à Québec et Ottawa de prolonger l’entente tant que l’objectif de moderniser l’ensemble du parc public atteint du Québec n’aura pas été atteint.

L’entente prévoyait un plan d’investissement de 2,2 milliards $, en vertu duquel chaque gouvernement s’est engagé à verser 1,1 milliard $, d’ici 2028.

La Société d’habitation du Québec évalue actuellement à 1 milliard $ le déficit de maintien des actifs pour tout le Québec. «Un milliard $, c’est précisément la somme que Québec et Ottawa ont convenu d’injecter dans les deux dernières années de l’entente, soit 473 M$ en 2026-2027 et 545 millions $ en 2027-2028», expose la FLHLM.

Or, elle estime pour sa part cette somme insuffisante, en raison notamment de l’explosion des coûts de construction. «Les gouvernements ont sous-investi dans les HLM pendant 35 ans», expose Mme Vianney.

Dans le plus récent budget provincial, 236,5 M$ sont consacrés à poursuivre ce vaste chantier de remise en état des 63 500 logements à loyer modique au Québec.  Ce montant doit être investi pour redorer les immeubles classés D et E.