La volonté d’Hydro-Québec d’identifier les secteurs propices au développement d’infrastructures éoliennes suscite également de sérieux débats dans le Haut-Saint-Laurent, notamment pour la défense des territoires agricoles.

Sur les réseaux sociaux, l’ancien maire de Huntingdon Stéphane Gendron est l’un de ceux qui alimente ce débat en mettant en doute la volonté des instances politiques en place de freiner ce développement.

En croisade contre les éoliennes, M. Gendron est notamment intervenu à l’assemblée de consultation de la MRC de Beauharnois-Salaberry en plus d’interpeller directement la députée de Huntingdon, Carole Mallette.

En entrevue cependant, la députée a tenu à préciser qu’aucun projet éolien n’était encore sur la table pour le territoire du Haut-Saint-Laurent, soulignant au passage les informations « tendancieuses ou carrément fausses » qui circulent sur les réseaux sociaux.

Selon elle, la méprise découle de la carte publiée par Hydro-Québec identifiant la capacité d’intégration de la région pour de la nouvelle production d’énergie éolienne destinée au réseau de transport d’Hydro-Québec.

La députée Carole Mallette a tenu à apporter des précisions sur la situation qui prévaut dans le Haut-Saint-Laurent à l’égard d’éventuels proiets éoliens. (Photo d’archives)

Elle cite à cet effet un conseiller d’Hydro-Québec, Jonathan Laporte, qui mentionne que « lorsqu’Hydro-Québec a évalué les capacités d’intégration, seul l’aspect technique (raccordement au réseau) a été pris en considération. Un ou des promoteurs qui souhaiteraient aller de l’avant avec un projet devraient s’assurer de l’acceptabilité sociale et environnementale des projets. Seuls les projets ayant reçu l’appui des municipalités concernées seraient réalisés», une exigence que la société d’État avait clairement identifiée dans une annonce faite le 10 avril dernier.

La députée s’appuie également sur la règlementation mise en place par la MRC du Haut-Saint-Laurent. La section du Règlement de contrôle intérimaire touchant les éoliennes établit certaines règles et contraintes qui limitent l’installation d’éoliennes.

La MRC tient également des assemblées de consultation depuis février dans diverses municipalités lors desquelles l’opposition au développement éolien s’est clairement manifestée.

Il demeure que l’entreprise Innergex a mené de nombreuses approches auprès des municipalités de la région pour tâter le pouls à l’égard d’éventuels projets éoliens.

C’est notamment le cas à Saint-Chrysostome, confirme le maire Sylvain Payant, qui précise que la rencontre avec des représentants d’Innergex, à laquelle prenaient part les membres du conseil, avait uniquement pour but « d’obtenir de l’information sur ce que pourrait impliquer un tel projet », mais que cette rencontre « n’engageait à rien… on n’est pas encore là, sachant qu’il faudrait l’approbation de la MRC et de la population ».