Espace Suroît : 35 ans à prévenir la violence faite aux enfants

Espace Suroît a souligné ses 35 ans le 2 avril. L'équipe de l'organisme en prévention de la violence faite aux enfants a été honorée par la députée sortante de Salaberry-Soulanges, Claude DeBellefeuille, les représentants des députés provinciaux de Beauharnois et Huntingdon, Marie-Claude Picard et Sylvain Leblanc, et du maire de Salaberry-de-Valleyfield, Miguel Lemieux. (Photo Journal Saint-François : Eric Tremblay)
Espace Suroît avait une approche innovatrice en 1990 lorsqu’elle a commencé à agir en prévention de la violence faite aux enfants. Son programme pour les 3-12 ans a secoué la méthode alors appliquée par les autres organismes. Le temps a fait son œuvre alors que les écoles et centres de petites enfances se bousculent pour accueillir les ateliers, si bien que plus de 35 000 enfants ont reçu les stratégies de l’organisme depuis qu’il a lancé sa mission dans sa région.
«Quand j’ai commencé il y a 29 ans, c’était difficile de rentrer dans les milieux, s’est rappelé l’intervenante Nathalie Leduc. C’était tabou de parler de violence aux enfants. Les écoles disaient qu’il n’y avait pas de problème.»
Espace Suroît avait été fondé quelques années auparavant. Issu de l’initiative de CALACS La Vigie qui a marrainé le programme instauré dans l’État de l’Ohio.
Barbara Aberman était là au départ. Elle se souvient des embûches mis sur la route d’Espace Suroît.
«Les premières années ont été très dures, s’est-elle rappelée. Il y avait la compétition des autres organismes. En prévention, on était considéré comme si on imposait des règles aux enfants, ce qui était une fausse perception. On savait et on était convaincu que notre programme allait plus loin que les autres.»
Faire la différence
La violence peut prendre différentes formes. Physique, verbale, psychologique, sexuelle, etc. Les différents ateliers offerts permettent de les déceler mais aussi d’acquérir des stratégies pour les éviter.
Cette année, Espace Suroît visitera 6 écoles, 5 centres de la petite enfance puis 4 autres établissements scolaires pour l’atelier sur le cyberESPACE.
Si les ateliers pédagogiques sont dirigés vers les enfants, les adultes restent au cœur de la solution. «Les adultes ne jouent plus à l’autruche comme à nos débuts, a mentionné Mme Leduc. Ils sont importants pour mettre les situations en contexte pour établir une stratégie d’action.»
Agir en prévention est important, même si les résultats sont difficilement quantifiables soutient Mme Aberman.
«Une fois je me trouvais dans une école et j’ai revu un enfant auprès duquel j’étais intervenu auparavant, a-t-elle souligné. Lors de l’atelier, il a levé la main et il a dit aux autres élèves d’écouter, parce que ce je disais pourrait leur sauver la vie. Ça m’a marqué. C’était rare d’avoir une rétroaction.»
Toujours d’actualité
L’équipe qui comptait deux ou trois intervenantes au départ auxquelles s’ajoutaient des ressources sur appel déploie désormais sept membres.
À une époque Nathalie Leduc tenait kiosque au centre d’achat pour promouvoir l’organisme. Désormais, les écoles appellent si bien qu’une liste d’attente est en place pour celles qui désirent accueillir les ateliers.
Sa mission est reconnue par le ministère de la Famille ce qui permet de recevoir un budget récurrent.
Mme Leduc a témoigné qu’Espace Suroît était plus vieux que Google et plus expérimenté que bien des influenceurs. Une boutade qui n’était pas anodine alors que le développement des technologies de communication a amené la prévention à élargir son spectre.
«On était avant-gardiste il y a sept ans avec notre campagne de cyberEspace, a reconnu l’intervenante. On l’offre aux élèves de la 3e à la 6e année et on pourrait l’offrir aux plus jeunes.
Internet est une belle porte d’entrée pour une cyber criminalité. »
Mme Leduc ne veut pas être alarmiste, mais elle invite les parents à s’intéresser aux sites, influenceurs et discussions que leurs jeunes peuvent avoir sur le web.
Cette année, cyberEspace fera l’objet de capsules vidéos préventives qui seront utilisées sur les réseaux sociaux et lors d’ateliers.