ADMINISTRATION. Déficit accumulé de 1 078 000 $, demande de prolongation pour l’adoption du budget 2018 jusqu’en mars, départ précipité à la retraite du directeur général, insatisfaction des élus en lien avec la gestion financière… bref, ça pourrait aller mieux à la MRC du Haut-Saint-Laurent.
L’abcès a crevé le 17 janvier lors de l’assemblée mensuelle du conseil des maires lorsque le directeur général de la MRC, François Landreville a fait état de l’urgence de la situation. Réagissant au refus des édiles municipaux d’augmenter la marge de crédit de la MRC, de 1,5 million $ à 2 millions $, le directeur général a signalé qu’il n’avait pas les fonds pour payer les factures de décembre. «Qu’est- ce que je fais?», a lancé M. Landreville.

(Photo d’archives – Journal Saint-François)
Dès le lendemain, le directeur général en poste depuis 1990 a fait parvenir au conseil exécutif une lettre dans laquelle il a annoncé son départ à la retraite pour des raisons familiales sérieuses. Ainsi, les dirigeants de la MRC n’ont eu d’autre alternative que de se tourner vers la Fédération des municipalités du Québec pour dénicher un remplaçant sur une base intérimaire.
«Nous ne sommes pas satisfaits de la façon dont la MRC est administrée. Il faut stopper l’hémorragie et redresser les finances», reconnaît la préfète de la MRC du Haut-Saint-Laurent, Louise Lebrun. Tout en enclenchant le processus d’embauche d’un successeur à François Landreville, le conseil des maires a écrit au ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, pour demander de retarder l’acceptation du nouveau budget.
«C’est précaire, nous avons besoin d’un DG. Il faut passer par un réseau externe pour combler le poste à court terme. La Fédération des municipalités du Québec possède déjà une banque de candidats présélectionnés. Ce sera trop long si nous suivons la procédure normale, mais le poste sera quand même ouvert», explique Mme Lebrun.

Selon la préfète de la MRC, le manque à gagner de 1 078 000 $ sur trois ans est attribuable à trois éléments principaux: les frais d’expropriation du site Droulers, les opérations déficitaires du Taxibus et un certain laxisme au sein de l’administration. «Il faut se rendre à l’évidence qu’un changement de culture s’impose à la MRC en 2018» de trancher Mme Lebrun.
Au cours de l’assemblée du 17 janvier, les maires se sont entendus pour instaurer une nouvelle procédure relativement au contrôle des dépenses. Désormais, les frais de déplacement devront être autorisés par des représentants du conseil des maires et les requérants devront présenter des factures distinctes.
Le lundi 22 janvier, les maires ont rencontré la firme de comptables «Goudreau Poirier» de Salaberry-de-Valleyfield afin de revoir le budget et d’obtenir des recommandations pour la gestion de l’appareil administratif. Des mesures de redressement ont déjà été prises lors de la dernière séance du conseil alors que la proposition de créer un nouvel emploi d’agent de développement social pour le projet Horizon a été refusée, les élus de la MRC ayant préféré confier cette responsabilité à l’interne.
La prochaine assemblée du conseil des maires est prévue le mercredi 14 mars au siège social de la MRC du Haut Saint-Laurent, rue King à Huntingdon.
