Le vendredi soir, la glace leur appartient. Chaussé de leurs patins, un groupe de femmes s’évade de leur quotidien en faisant des pirouettes et autres sauts. La passion du patinage artistique les habite encore et toujours.
«C’est notre moment de détente, ont acquiescé les femmes rencontrées vendredi au Centre civique. On est ici pour le plaisir et

c’est sincère. »
Geneviève Chevrier, Roxanne Dulac, Marianne Durand, Isabelle Rochefort, Anna-Karina Madore et Dominique Hébert sont les patineuses artistiques du vendredi qui chassent le métro-boulot-dodo à l’aréna. Pendant 50 minutes, leur focus est sur chaque coup de patin.
La plupart avait arrêté de pratiquer le sport depuis des années. Pour plusieurs d’entre elles, ce sont leurs enfants qui les ont ramenées à la patinoire. La nouvelle génération les a incitées à remettre les lames. «On veut être des modèles pour nos enfants, indiquent-elles. C’est un beau challenge de patiner avec eux. Ça les encourage. »

Au départ, il s’agissait d’un projet pilote de six semaines du Club de patinage artistique de Valleyfield. Puis l’activité s’est prolongée tout au long de l’année. «Ce n’est pas un fardeau pour elles de venir parce qu’elles sont motivées, mentionne l’entraîneur Annick Gamelin. Elles sont toutes ici pour s’amuser en apprenant. »
Elles l’avouent, la souplesse est moins là que durant leur adolescence. Mais la technique est toujours à leur esprit. Un peu comme le vélo, ça ne se perd pas. «On s’encourage entre nous, disent-elles. Ça demande de la technique et de la rigueur comme sport. En octobre, les croisés avant et arrière étaient difficiles; maintenant on les réussit bien. »
L’entraîneur confirme que le sport requiert de la concentration, de la confiance et de l’équilibre. Les filles travaillent sur plein de choses et ont grandement progressé.
La complicité est palpable dans le groupe. Elles s’entraident tous dans leurs mouvements. Et c’est là qu’elles trouvent leur

bonheur. Pas besoin de se préparer pour la revue de fin d’année pour le démontrer toutefois. «Le dépassement de soi est suffisant, avouent-elles. On veut se dépasser, mais sans se briser de quoi !»
Les six filles du vendredi soir aimerait voir le groupe grandir l’an prochain. Annick Gamelin ajoute aussi qu’il y a de la demande pour un groupe débutant qui s’adresserait à des gens qui veulent apprendre les bases du patinage.


