Foreshadow a provoqué ses derniers headbang en 1996. Trente ans plus tard, les cheveux plus courts mais avec la même force de frappe, les quatre musiciens métal remontent sur scène.

«On avait sorti un EP de cinq chansons écrites dans les années 90 [Here down on earth] enregistré avec un son exécrable et distribué à 40 copies, laisse savoir Kurtis Clifford, bassiste du groupe. On n’en était pas trop fier. Avec Patrick Knup [guitariste, mais aussi ingénieur de son], on a réenregistré les chansons avec un bon son et la technologie d’aujourd’hui.»

Des pièces qui pourront être entendues au O’Sim Pub de Valleyfield le 17 octobre puis au Turbo Haüs de Montréal la semaine suivante.

«Ç’a été très plaisant de se retrouver, parce qu’on avait tous continué à jouer de la musique, a laissé savoir le bassiste. Ce n’est pas comme si on repartait à zéro. Après deux pratiques, c’est comme si on n’avait jamais arrêté.»

Les quatre musiciens ont désormais une maturité qu’ils ne possédaient peut-être pas à la sortie de leur adolescence au début des années 90.

Si bien que le retour se fait à l’unisson et le désir de jouer deux spectacles seulement. Peut-être plus si les offres se présentent. Mais le groupe qui a composé ses chansons sur la rue Saint-Louis entend demeurer au Québec et ne pas sortir de la province comme à l’époque. «Un visa de musicien pour aller aux États-Unis, ce n’est plus achetable», laisse entendre M. Clifford.

L’amour de la musique

Foreshadow est né d’une discussion à l’aréna Salaberry entre Kurtis Clifford, Patrick Loisel et Pierre Pitre en 1990. Le trio a par la suite été rejoint par Patrick Knup.

«À cette époque, il n’y avait pas tant de bands qui faisaient des shows, a indiqué Kurtis Clifford. On était allé se présenter à la polyvalente et à la Cité-des-Jeunes pour faire des spectacles sur l’heure du midi. On s’est fait connaître comme ça. Les jeunes aimaient ça et notre nom a circulé.»

La foule a suivi au Café Harwood, à la Brasserie olympique et au Théâtre de poche.

Valleyfield restait leur camp de base, mais le groupe a évolué sur la scène métal du Québec. Ce qui lui a permis d’ouvrir les soirées pour des groupes internationaux des États-Unis ou du Brésil.

Au final, Foreshadow a vécu six ans produit trois démos et un album. Des chansons qui exploraient des thèmes toujours actuels comme les schémas de violence, les tensions sociales et les préoccupations environnementales.

«En 1996, nos goûts musicaux avaient changé, a résumé le bassiste pour expliquer la fin du groupe. Chacun a continué de son côté, certain, comme Patrick Loisel, vers la scène plus extrême du métal.»

Vantablack Warship, Augury, Arseniq33 et Clearwater Deathblow sont quelques-uns des groupes pour lesquels les membres de Foreshadow ont évolué ou évoluent toujours.

À l’ère numérique

Le monde de la musique a vraiment changé au courant des trois dernières décennies. Kurtis Clifford dit trouver très intéressant de vivre cette expérience Foreshadow avec la technologie contemporaine.

Le groupe fait même affaire avec une équipe de presse, un luxe qu’il n’avait pas eu dans les années 90.

«Ce n’est pas la même réalité, convient-il. On demeure des amis qui ne se sont jamais quittés, mais avec plus de maturité. Ce sont de belles retrouvailles. «On n’a plus les cheveux longs. On est tous casés. Ce ne sera pas un show de headbanging comme à l’époque. Mais un spectacle plus mature qu’on va faire dans le plaisir. »

Foreshadow a fait résonner Valleyfield sur la scène métal au début des années 90. (Photo : gracieuseté)