Des résidents de Beauharnois s’opposent au projet de construction d’un immeuble à logements au coin de la rue Principale et la 22e Avenue dans le secteur Melocheville. Mercredi, 81 personnes du secteur ont signé un registre demandant la tenue d’un scrutin référendaire. Un minimum de 31 signatures étaient nécessaires parmi les 395 résidents habiles à voter.

Le promoteur Jonathan Auger est déçu du résultat. «On va se battre jusqu’à la fin», a-t-il déclaré au lendemain de la signature du registre. Les élus autoriseront ou non le référendum à la prochaine séance publique en août.

L’immeuble comptera neuf logements abordables, dont certains à l’intention de personnes avec un handicap physique. Le projet s’inscrit dans le cadre d’un Plan particulier de construction, de modification ou d’occupation d’un immeuble (PPCMOI). Ce type de projet est permis dans les villes afin de déroger au règlement de zonage. Un PPCMOI est soumis à une consultation publique et peut même mener à une approbation référendaire, a expliqué le maire Alain Dubuc lors d’une récente séance publique.

Les citoyens ont été consultés le 7 mai. La Ville de Beauharnois demeure vague sur la nature de leurs inquiétudes. «Les citoyens peuvent avoir diverses préoccupations à l’égard d’un projet», répond Stéphanie Gosselin, directrice des communications à Beauharnois.

Dans ce secteur, le règlement de zonage permet des immeubles de trois ou quatre logements, dit M. Auger. Le futur bâtiment en comptera neuf. «Ce qu’ils disent, c’est qu’il va y avoir une trop grosse densité par rapport au zonage. C’est ce qu’on nous reproche, mentionne le promoteur. Il va y avoir trop de véhicules. Pour un 9 logements, il y aura 14 cases de stationnement.»

Logements abordables

Les élus appuient le projet parce que le coût des logements sera abordable. Quatre des neuf unités seront subventionnées par l’Office municipal d’habitation (OMH). Des logements seront pensés pour les personnes ayant un handicap physique. «C’est la première fois en 4 ½ ans depuis que je suis ici qu’un propriétaire nous offre un projet comme celui-là. Aujourd’hui, pour obtenir du logement abordable, les villes doivent s’impliquer sinon il n’y a rien. On connaît des gens à mobilité réduite prisonniers de leur logement et incapables de se trouver un endroit adéquat. C’est à eux qu’on pense quand on approuve ce genre de projet», a poursuivi M. Dubuc.

Les élus disent comprendre les préoccupations des citoyens. Le maire a ajouté qu’au final le résultat est moindre que ce que les gens appréhendaient. «La beauté d’un PPCMOI, la population tranche, par référendum si les gens ne sont pas d’accord», a-t-il conclu.

Le bâtiment comportera un ascenseur pour faciliter les déplacements des locataires. Les coûts reliés à l’adaptation de logements pour cette clientèle sont élevés, soulève M. Auger. «On n’a pas le choix d’avoir un minime de logement», dit-il.

Jonathan Auger travaille étroitement avec l’Office municipal d’habitation. Il a collaboré à la construction de près de 115 logements à Beauharnois, mentionne-t-il.