La zoothérapie aux soins des cégépiens
Depuis les derniers mois, Gaïa arpente le Cégep de Valleyfield. Le nouveau collègue de travail de Camille Deschamps, technicienne en éducation spécialisée (TES), représente un atout précieux lors de ses interventions. Sa présence sécurisante et attendrissante incite les étudiants à s’ouvrir davantage sur leurs enjeux et préoccupations.
En août 2024, le Cégep a opté pour une nouvelle approche dans sa gamme d’interventions avec les étudiants
Sitôt dans le corridor adjacent au Café Chez Rose, le golden retriever de 3 ans capte l’attention.
«C’est déstressant quand on voit une grosse boule de poil, a laissé savoir Audrey-Ann Huet. C’est le fun qu’il y ait ça ici.»
Son amie Arianne Benoît-Jodoin, aussi étudiante en Arts et lettres, confirme que la présence de l’animal est apaisante.
Un effet wouf qui se vit depuis un peu plus d’un an au Cégep.

Arianne et Audrey-Ann ont instinctivement pris contact avec Gaïa qui circulait dans les corridors du Cégep. (Photo Journal Saint-François : Eric Tremblay)
Camille Deschamps soutient que les études ont démontré que flatter un chien permet de secréter de l’ocytocine, l’hormone du bonheur.
Gaïa, par sa présence, détend l’ambiance dans un milieu scolaire. Assez pour faire décanter le stress à l’approche d’un examen.
«Des fois, au Café Chez Rose, un petit 5 minutes peut être très bien rentabilisé», fait remarquer la TES.
Interventions multiples
Camille Deschamps constate l’impact de Gaïa dans ses échanges avec les étudiants. «L’animal est un facilitateur, confie-t-elle. Des fois, il y a des étudiants avec qui le contact est difficile. Mais quand le chien est là, j’obtiens plus d’informations. L’étudiant parle au chien au lieu de me parler directement à moi.»
La gestion du stress, la présence à l’école, la gestion du temps ou la prise de notes sont d’autres éléments insoupçonnés auxquels le contact animalier peut contribuer à une amélioration.
Elle cite en exemple un garçon à risque d’échec. La présence du chien l’a incité à s’ouvrir. En l’espace de cinq minutes, il a été possible de dresser un plan d’intervention pour corriger la situation.
Ou cette étudiante chez qui un changement de comportement positif a pu être travaillé.
«Elle avait de la difficulté à s’intégrer, se souvient Mme Deschamps. Nous sommes allées sur le terrain synthétique et elle devait donner des indications à Gaïa. Le chien le sent quand on n’a pas confiance. On a ensuite pris ses enseignements et on les a transférés dans son groupe d’amis. On a vu une amélioration majeure par la suite.»
Un allié apprécié
Le programme de zoothérapie a d’abord obtenu le statut de projet-pilote. Gustave a été le premier à accompagner la TES. Mais la tâche a été trop difficile pour l’animal.
«Dans le cégep, il peut y avoir beaucoup de stimulations, que ce soit le changement de plancher, le son ou la présence de nombreuse personne, a expliqué Mme Deschamps. Un étudiant qui pleure dans mon bureau, ça peut être très chargeant pour un chien.»
Gustave a donc été déclassé, trop sensible pour le travail.
En plus de Gaïa, le Cégep peut compter sur Miro qui assure une présence animalière auprès de Sarah Bastien, du Service de consultation psychosociale du Cégep.
Les chiens ont aussi un horaire de travail à temps partiel, deux ou trois jours par semaine.
Le projet-pilote a fait son chemin dans l’établissement d’enseignement supérieur. Assez pour que Gaïa se retrouve sur les assurances du Cégep.
Le profil de l’emploi
Gaïa a le profil de l’emploi. Il s’agit d’une chienne colleuse qui va vers les gens. Son énergie douce est contagieuse.
Elle a un bon comportement, fait observer l’intervenante. Elle ne démontre pas de signaux de fatigue. Des fois des petits signes d’apaisement, mais surtout quand on arrête de la flatter. C’est un chien porté vers l’humain.»
Elle souligne qu’une «retraite» peut survenir lorsque le chien atteint 9-10 ans. Gaïa a donc encore quelques bonnes années à contribuer au bien-être des futurs diplômés.



