Quelques jours après la manifestation tenue le samedi 30 mai à Salaberry-de-Valleyfield contre le projet d’agrandissement de l’usine General Dynamics, le Journal Saint-François a obtenu plus de détails et de contexte sur cet événement qui a fait le tour des réseaux sociaux. 

La manifestation, qui a rassemblé quelque 200 personnes, était organisée par le collectif appelé Stop General Dynamics qui réunit des gens provenant de groupes environnementaux, des militants anti-guerres et des groupes engagés pour la justice sociale, mobilisés contre cet agrandissement qui permettra au fabricant de munitions de tripler sa production.

Ceux-ci se sont regroupés à l’école Élizabeth-Monette avant de se diriger vers l’entrée des installations de l’entreprise américaine. Plusieurs brandissaient notamment des drapeaux palestiniens, certains étaient masqués.

Un des organisateurs, prénommé Allan, a expliqué au Saint-François que l’événement se voulait familial, il avait été annoncé depuis quelques semaines et que la Sûreté du Québec avait été avisée. Il visait à sensibiliser la population au fait que des munitions fabriquées à l’usine du secteur Nitro servaient aux États-Unis et Israël «pour tuer des milliers de personnes» dans les pays du Proche-Orient, notamment.

« Les emplois que ça crée, ce n’est rien à comparer aux milliers de vie qui ont été perdues là-bas », dit-il.

Le groupe s’était également fait entendre lors des audiences publiques du BAPE et organise également une projection de film documentaire le 20 juin à la librairie Côté gauche.

Un citoyen réagit

Une arrestation musclée d’un citoyen, André Therrien, par les policiers de la Sûreté du Québec, est survenue et a attiré l’attention sur les réseaux sociaux.

Interrogé quelques jours après l’événement, M. Therrien ne s’en cache pas, il a réagi vivement à la présence des manifestants, certains cagoulés, qu’il associe aux mouvements antifa parfois considérés comme des mouvements terroristes tel que le Hamas.

« J’étais en train de faire des commissions au Jardin Nitro et quand je les ai aperçus dans la rue, j’ai décidé de passer à l’action », raconte-t-il. Marchant au sein du groupe, il les a invectivés et intimés de « décâlisser d’icitte».

Le Campivallensien mentionne qu’il avait observé les diverses annonces faites récemment par les organisateurs de la manif sur les réseaux sociaux, dont certaines pages plus extrémistes. C’est pourquoi il a choisi d’agir en contre-manifestant.

C’est donc sans surprise qu’il a été pris à partie par certains manifestants. Aussitôt, des policiers sont intervenus pour le retirer du cortège et lui demander de se calmer. C’est lorsqu’il a entrepris de rejoindre la tête du peloton « pour tenter de le bloquer », dit-il, que les policiers l’ont agrippé et jeté au sol avant de l’arrêter.

M. Therrien qualifie l’intervention policière de « show de cirque » et affirme n’avoir encore reçu aucune signification de la part de la police relativement à cet événement. Il devait être convoqué au tribunal par voie de sommation.

La SQ a, pour sa part, précisé par courriel que dans le cadre de leur travail, « les policiers doivent fréquemment avoir recours à l’usage de la force afin de maitriser et de procéder à l’arrestation d’individus lorsque la situation l’exige.

À chaque intervention où l’usage de la force est utilisé, elle fait l’objet de validation à l’interne. »