HISTOIRE SPORTIVE. Des cérémonies très spéciales mettant en évidence le riche héritage laissé par les Braves de Valleyfield de la Ligue senior provinciale ont précédé le match opposant l’équipe junior actuelle au Collège Français de Longueuil, jeudi soir, à l’aréna Salaberry.
Avant que les Braves juniors dirigés par Stéphane Scotto sautent sur la patinoire devant quelque 1000 spectateurs, plus d’une centaine d’invités ont vécu des moments de grande nostalgie ponctués par le dévoilement d’un espace-mémoire en souvenir du légendaire Hector «Toe» Blake ainsi que l’ouverture d’un musée relatant l’histoire du club de hockey qui a fait vibrer les amateurs de la région dans les années ’40 et ’50.

Des membres de la famille de quelques joueurs qui ont fait partie de l’équipe championne, il y a 67 ans, étaient aussi au rendez-vous. Le fils du gardien Paul LeClerc, Daniel a goûté pleinement à la fête tout comme le garçon de Rosaire «Gédère» Benoit, Michel, qui a rappelé que son père avait remporté le championnat des compteurs au sein des Braves juniors avant de soulever la Coupe Alexander en 1951. De plus, Jacques Bisaillon, fils de Jean-Paul, a pu apprécier les souvenirs du paternel exposés au musée.

Lors des présentations, le principal organisateur de cette soirée «Vintage», Mario Hébert a louangé cet homme exceptionnel que fut l’illustre «Toe» Blake qui, avant de mener le Canadien à 8 Coupes Stanley en 13 ans, a dirigé les Braves de Valleyfield pendant 5 saisons, de 1950 à 1954.

«Hector « Toe » Blake est devenu un précurseur dans les techniques de coaching en insistant sur l’entraînement, la mise en forme optimale, le dialogue, la bonne alimentation et surtout, l’esprit d’équipe», de relater le vice-président aux communications et marketing des Braves juniors. «A Valleyfield, « Toe » Blake a fait l’unanimité à titre d’entraîneur-chef. Il était un scientifique du hockey. Les Braves n’avaient jamais rien gagné de marquant avant qu’il s’amène à Valleyfield.»

Bert Bourassa, qui a raflé le titre sous les ordres de «Toe» Blake en 1951, n’a pu être présent mais il a rendu hommage au «coach» dans un message écrit: «Je l’aimais tellement, « Toe » Blake. Tous les joueurs en étaient fous. Des entraîneurs nous criaient par la tête mais jamais il ne faisait ça. Il m’a appris beaucoup de choses et je lui en suis encore reconnaissant aujourd’hui», a encensé l’ancien défenseur de 86 ans, qui demeure à Sherbrooke.

Jacques Deslauriers, un autre défenseur de l’époque, a en outre été fort élogieux: «C’était une légende. « Toe » Blake avait la capacité d’aller chercher le meilleur de chaque joueur. Quand on perdait un match sur la route, il ne nous punissait pas. Il gardait le silence jusqu’à notre retour.»

Le «Journal Saint-François» a pu s’entretenir avec Gordie Haworth et Bruce Cline qui ont parlé de l’enthousiasme des partisans du temps et de l’atmosphère électrique à l’aréna Salaberry.


Or, la discussion était portée continuellement vers «Toe» Blake. «Il était formidable. J’ai passé 3 belles années avec lui derrière le banc», valide Bruce Cline. «C’était l’fun de jouer pour «Toe» Blake. Il a été le plus grand entraîneur», a résumé Gordie Haworth.
