Un projet d’usine d’embouteillage d’eau potable puisée à même les eaux souterraines suscite la crainte de nombreux citoyens à Hinchinbrooke.
Ceux-ci sont regroupés au sein d’un organisme appelé Protégeons Nos Sources d’Eau et sont inquiets à l’égard d’un éventuel abaissement de la nappe phréatique, ce qui affecterait les puits résidentiels, agricoles et municipaux. Ils appréhendent aussi les impacts sur les écosystèmes aquatiques, sur le niveau des rivières et l’ensemble du bassin versant, mentionnent-ils sur leur site web.
Leurs inquiétudes découlent de l’augmentation du trafic de camions observée sur la montée de Powerscourt au début de décembre, ainsi que du déboisement et le nivellement d’un terrain près de la frontière américaine, en face d’une installation existante d’AquaTerra.
Le terrain en question appartient à 2961-4179 Québec Inc., une entreprise contrôlée par Germain Turpin, qui détient un permis de captation d’eau souterraine renouvelé en juillet 2025 par le ministère de l’Environnement (MELCCFP).
Du côté de la Municipalité d’Hinchinbrooke, le directeur général, Adam Antonopoulos, a indiqué au journal The Gleaner qu’un permis de défrichage avait été accordé à l’entreprise. Toutefois, si une demande de permis de construction était déposée, celui-ci serait accordé sur une base purement administrative en autant que le projet respecte les règlements municipaux et les normes du Code du bâtiment.
Selon le groupe citoyen, la CPTAQ a déjà autorisé des activités liées à l’eau sur ces terres agricoles début des années 2000, mais en s’appuyant sur une étude hydrogéologique réalisée il y a maintenant plus de 20 ans.
«Depuis, la population du bassin versant de la rivière Châteauguay a fortement augmenté signale-t-on, et les changements climatiques exercent une pression accrue sur les nappes phréatiques.»
D’ailleurs, une autre étude réalisée en 2009 par le Consortium Ouranos concluait «qu’en 2050, en raison des changements climatiques dans le sud du Québec, « l’évapotranspiration augmente et le ruissellement diminue”, ce qui accentuera le stress sur nos ressources en eau.»
La municipalité de Hinchinbrooke serait aussi en attente de clarifications pour savoir si une étude plus récente a été réalisée.
Les citoyens concernés comptent assister à la prochaine assemblée du conseil municipal le lundi 2 février à 20h, pour adresser une série de questions aux élus en lien avec ce projet.

