Jean-Philippe Brais a remisé ses jambières il y a 10 ans. Mais l’ancien portier des Braves a toujours le feu sacré pour le hockey. Le Campivallensien s’est replacé comme instructeur. À travers son académie, le Collège Bourget, le Centre 21.02 et le Canadien de Montréal, l’entraîneur revient tout juste de Calgary où il a été invité à un séminaire dirigé par Hockey Canada.

Seulement deux Québécois ont été sélectionnés pour cette semaine intensive de hockey. «Il s’agissait d’un séminaire sur les bases, a-t-il expliqué. Hockey Canada veut assurer la relève. Pour s’assurer que tout le monde est sur le même chemin. Parce qu’on s’est fait dépasser par l’Europe. »

Sur ce point, il constate le déclin. Marc-André Fleury semble le dernier d’une longue et glorieuse tradition de cerbères québécois qui ont dominé leur sport entre les poteaux.

«C’est vraiment une question de philosophie, a-t-il observé. Pour moi, on forme des robots. On met trop l’accent sur la technique. On voit les gardiens en Europe qui sont très athlétiques. Il faut améliorer ce côté. Que ce soit par la pratique de sports complémentaires ou en sortant les gardiens de leur zone de confort. Mais en fin de compte, je ne pense pas que le hockey est malade; on a beaucoup de talents ici.»

Le séminaire de Hockey Canada lui permettra une supervision par la fédération de hockey. Il pourrait aussi être mandaté pour diriger une formation nationale lors d’un tournoi.

L’ancien des Braves a récemment passé une semaine à Calgary pour un séminaire donné par Hockey Canada. (Photo : gracieuseté)

Relever des défis

Le jeune homme de 30 ans parle de sa carrière comme des montagnes russes. Qui l’a amené à s’exiler en Ontario où il a dominé dans le junior B. Avant de revenir au Québec comme second derrière Samuel Montambeault, puis comme partant chez les Braves avant de se blesser. Une année de remise en forme pour se voir échanger aux Forts de Chambly, sa dernière équipe compétitive.

«J’ai eu des déceptions, reconnaît-il. J’ai eu mes défis. Mais après un an ou deux, j’ai ouvert mon académie et je veux faire du tutorat. Je me sers de mon histoire. J’entraîne désormais une centaine de gardiens.»

Cogner aux portes

Les opportunités ne se sont pas créées par elles-mêmes. Brais les a déclenchées. «J’ai cogné à la porte du Canadien quand j’ai ouvert mon académie, explique-t-il. J’avais écrit à Stéphane Verret [directeur du développement hockey]; il m’a passé en entrevue et m’a demandé ma vision du hockey. Aujourd’hui, je côtoie Gaston Gingras et David Savard. En août, je serai à un camp avec 45 gardiens. Des jeunes de 6 à 12 ans. La première fois que je me suis retrouvé sur la glace du Centre Bell, je capotais.»

C’est de la même façon que la porte s’est ouverte au Centre 21.02, dédié au hockey féminin.

Le Campivallensien travaille avec l’équipe de développement du Canadien de Montréal. (Photo : gracieuseté)

Renforcement positif

Parmi les gardiens qu’il entraîne, Mathis Langevin cogne aux portes de la Ligue nationale de hockey. Après un camp avec l’Avalanche du Colorado l’an dernier, le natif de Saint-Zotique revient d’une expérience avec les Flyers de Philadelphie.

«C’est un gars qui a toujours travaillé fort, reconnaît Brais. Il est très athlétique, il démontre une belle attitude et il a beaucoup de forces dans les jambes.»

Langevin s’entraînait auprès de Marco Marciano qui a été promu entraîneur des gardiens du Canadien de Montréal. C’est ici que Jean-Philippe Brais est entré dans l’équation pour le développement du Zotiquien qui évolue désormais dans le circuit universitaire américain.

«Il y a des raisons s’il s’est rendu aussi haut; je ne veux donc pas le changer, explique l’entraîneur. Je suis là pour qu’il travaille fort, notamment ses mains et son jeu de pieds. C’est un grand gardien qui ferme bien les angles. Il doit garder sa fougue. En ce sens, il me fait penser à Jakub Dobeš.»

Plaisir sur la glace

Depuis deux ans, Jean-Philippe Brais a fait son demi-cercle au Collège Bourget. Il entraîne les gardiens de but du programme des Voltigeurs. Zachary Bothelo a été repêché par les Olympiques de Gatineau, une fierté pour Brais de voir son jeune protégé être appelé. «On a un bon programme à Bourget, convient-il. Je suis content, parce que je peux faire rêver les jeunes.»

De la glace et des gardiens, il en aura énormément dans les jours à venir. Que ce soit en privé ou petits groupes à Mercier, Sainte-Martine ou Salaberry-de-Valleyfield.

Du hockey mineur aux espoirs professionnels. «J’ai vraiment du plaisir, confie-t-il. J’ai le goût de développer de meilleurs athlètes, pas juste au hockey, mais dans différents sports. Avec une bonne éthique de travail. Mais l’important dans tout ça, c’est aussi de s’amuser.»

Depuis deux ans, Jean-Philippe Brais veille au développement des gardiens des Voltigeurs du Collège Bourget. (Photo : gracieuseté)