Le Tribunal administratif du Travail a rejeté la demande d’ordonnance provisoire déposée par le Syndicat des Métallos en lien avec la présence possible de briseurs de grève à l’usine CEZinc depuis le début du conflit de travail qui sévit à l’affinerie de Salaberry-de-Valleyfield.

Cette décision a été rendue le vendredi 17 mars par le juge administratif Gaëtan Breton  à la suite d’une plainte formulée par la section locale 6486 du syndicat affilié à la FTQ.

«Le Tribunal administratif du Travail rejette la demande d’ordonnance provisoire de la demanderesse et retourne le dossier au greffe du Tribunal afin qu’il convoque les parties pour une audience au fond, de la demande d’ordonnance permanente», a prononcé le juge administratif.

Le 14 mars, le Syndicat des Métallos a prétendu devant le Tribunal administratif du Travail, division des relations de travail Richelieu-Salaberry, que l’employeur a contrevenu à l’article 109.1 du Code du travail dans le cadre d’un conflit de travail. Les dirigeants syndicaux ont fait référence à 7 employés et aux salariés de 5 sous-traitants de Zinc Électrolytique du Canada limitée (CEZinc) qui, selon eux, effectuaient le travail de salariés compris dans l’unité de négociation en grève.

«Devant les déclarations contradictoires de l’employeur et du Syndicat, le juge n’a pas accordé l’ordonnance à court terme. Cela ne signifie pas pour autant que les soupçons de recours à des briseurs de grève, tels que constatés par les enquêteurs du ministère du Travail, sont officiellement levés», a fait savoir la porte-parole syndicale, Clairandrée Cauchy.

Des enquêteurs du ministère du Travail estiment avoir noté la présence de 3 briseurs de grève à l’usine CEZinc lors d’une inspection menée le 27 février dernier. La présidente et chef de la direction de l’entreprise, Eva Carissimi, a affirmé le contraire en entrevue au «Journal Saint-François». «Selon nous, tout le monde travaille dans la légalité et on va en faire la preuve», avait déclaré Mme Carissimi.

Les travailleurs syndiqués de CEZinc ont déclenché la grève le 14 février dernier, refusant de se plier à «l’entêtement idéologique» de la compagnie qui souhaite modifier leur régime de retraite.