Lorsque l’on est jeune, on ne pense pas à se prémunir d’une assurance privée en cas de maladie grave. Personne n’est à l’abri d’un cancer, par exemple, mais lorsque cela survient, les gens ne sont pas pris au dépourvu financièrement.

C’est le cas notamment d’une résidante de Coteau-du-Lac, Ann Peterson, qui a reçu le diagnostic d’un cancer du poumon le 23 septembre 2015.

La dame âgée de 50 ans oeuvrant depuis 22 ans dans le milieu du transport scolaire était éligible à des prestations de maladie de l’assurance-emploi pour une période maximale de 15 semaines.

Or, lorsque Mme Peterson a été opérée le 4 janvier dernier pour y subir l’ablation du lobe supérieur du poumon droit, elle n’avait plus droit à l’assurance-emploi, ses prestations étant écoulées.

Lors d’une entrevue accordée au JOURNAL Saint-François, elle a déploré la situation qu’elle qualifie d’aberrante puisqu’elle ne possède pas d’assurance salaire et ne peut avoir recours à l’aide sociale puisqu’elle est propriétaire de sa résidence.

De plus, elle a fait une demande à la Régie des rentes en invalidité mais son dossier est toujours à l’étude. Toutefois, sa condition n’étant pas permanente, elle ne sait pas si elle pourrait être éligible.

«En plus de la perte de revenus pour les dépenses courantes, il y a de nouvelles dépenses liées aux nombreux déplacements à l’hôpital à Montréal, les stationnements à 25 $, les parcomètres et autres. J’avais un petit coussin financier mais il est en train d’y passer. Mon mari travaille toujours et il m’aide», révèle Ann Peterson qui est en attente pour des traitements de chimiothérapie.

Pétition pour faire changer les choses

C’est pourquoi, à la suite de toutes ces démarches, la Coteaulacoise a décidé de prendre le taureau par les cornes et d’interpeller le gouvernement fédéral au sujet de l’assurance-emploi.

Pour elle, il n’est pas normal que la caisse de l’assurance-emploi verse seulement 15 semaines de prestations à une personne qui arrête de travailler en raison d’un cancer et qui doit subir une opération jumelée à des traitements de chimiothérapie ou de radiothérapie.

«La loi de l’assurance-emploi pour les prestations de maladies n’a pas été changée depuis 1971. C’est inconcevable. Le nombre de semaines de prestations devrait être de 52 si l’on a pas d’assurance privée», a-t-elle exprimé.

Tout comme la Lavalloise Marie-Hélène Dubé qui exhorte Ottawa d’amender la loi sur l’assurance-emploi depuis 2009, Ann Peterson souhaite faire bouger le gouvernement de Justin Trudeau.

Depuis sept ans, Mme Dubé a fait circuler une pétition à cet effet et elle a recueilli pas moins de 600 000 signatures.

Ann Peterson souhaite prendre le relais dans les régions de Soulanges et de Valleyfield en y ajoutant des milliers de signatures dans le but de faire bouger les choses. Au cours des prochaines semaines, des exemplaires de la pétition seront disponibles dans différents commerces, notamment à Coteau-du-Lac et à Valleyfield.

Entre-temps, Mme Peterson a fait parvenir une lettre au cabinet du premier ministre Justin Trudeau pour le sensibiliser à la question. Plus près, elle a tenté de rejoindre les députés fédéraux de la région pour les convaincre du bien-fondé d’un tel changement.

Seule, la députée Anne Minh-Thu Quach lui a répondu. «Au NPD, nous avions déjà proposé un amendement pour que l’on passe de 15 à 52 semaines. Je vais continuer à pousser pour que ces changements soient mis en place le plus rapidement possible», écrit la députée néo-démocrate sur sa page Facebook.