Même des décennies après sa retraite du journalisme, Jean-Louis Brault n’a cessé d’écrire; une passion qu’il a mise sur papier jusque dans les derniers jours précédant son décès, le 17 avril dernier à l’âge de 93 ans.
À sa résidence pour aînés de Repentigny, où il habitait depuis une vingtaine d’années, l’ancien journaliste de la Gazette de Valleyfield de 1953 à 1967, puis directeur du journal Le Soleil du Saint-Laurent écrivait toujours dans la petite revue produite à l’interne à l’intention des résidents, raconte sa fille Lorraine.
«Ce qui représente le plus mon père à mes yeux, dit-elle, c’est sa plume et sa sagesse.»
En février dernier encore, il publiait un texte intitulé Des aspirants centenaires à l’oeuvre, dans lequel il écrivait : «Plusieurs d’entre-nous ont dépassé le chiffre quatre-vingt-dix (90) en âge. Ça peut être préoccupant pour certains(es). On se lève, on se rend au miroir et, bravo, on se reconnaît. On est encore là !… Voilà un moment de joie pour s’attaquer à une nouvelle journée sous le signe d’une vitalité maintenue… »
Sa plume aura surtout tapissé les pages des journaux locaux des années 50 à 70, traitant parfois de l’actualité politique municipale avec une touche acerbe.
Évoquant ses premières années de journalisme local, il écrivait : « 1953 – Première journée de travail au journal hebdomadaire de ma ville. Il faut que j’épate mon patron qui aura été fier d’avoir déniché un jeune dégourdi. Mais voilà, il faut que j’encaisse ses recommandations. Pas des conseils, des ordres, sans appel. Style concis, tranchant, sans fioriture. »
Peter Rozon, avec qui il avait mis sur pied l’édition Valleyfield du journal Le Soleil en juillet 1967, se souvient des liens amour-haine que Jean-Louis Brault entretenait notamment avec le maire de l’époque Robert Cauchon. Une relation teintée à la fois d’admiration et d’adversité.
Un homme impliqué
Après sa carrière dans les journaux, Jean-Louis Brault a poursuivi sa passion des communications, tantôt en assurant les relations publiques de l’Évêché de Valleyfield ou en assistance au député Serge Marcil.

Au sein de la communauté, il compte parmi les fondateurs de la Ligue de hockey Récession au début des années 60. Il a aussi offert ses services durant plusieurs années aux Régates de Valleyfield au niveau des communications et de la recherche de commandites.
Fils d’Arthur Brault, peintre-dessinateur qui a dépeint en images des parties importantes de l’histoire de Salaberry-de-Valleyfield, Jean-Louis Brault aura suivi les pas de son père, mais à l’écrit.
Il est décédé le 17 avril dernier, laissant dans le deuil ses enfants Lorraine et Jean-Yves, 5 petits-enfants et 4 arrière-petits-enfants. À sa demande, il n’y aura pas de funérailles, mais une simple rencontre privée, pour la mise en terre de ses cendres au cimetière de Valleyfield.


