Son amour des dinosaures et du cinéma lui a ouvert son amour pour la bande dessinée. Le Mercierois Charles Boyer-Cazelais étudie désormais en Belgique, le pays du 9e art, où son œuvre La reine oiseau est finaliste au concours Raymond-Leblanc.
L’étudiant en fin de parcours à Saint-Luc Liège – École supérieure des arts en Belgique, voit cette opportunité comme une chance inouïe.
Le jury est composé de représentants de maisons d’édition comme Lombard, Futuropolis et Casterman qui publiera d’ailleurs l’œuvre gagnante.
«Je souhaite surtout avoir de la visibilité, l’arme secrète de tous les artistes, car je suis en pleine préparation de dossiers pour envoyer à des maisons d’édition et me faire un revenu, a confié le jeune bédéiste. C’est le meilleur moyen de possiblement vivre de mon art.»
La reine oiseau est un ouvrage de science-fiction prévu en trois volumes qui est en cours de production. Le récit se déroule dans un futur où les technologies non renouvelables ont été remplacées par celles organiques qui donnent une allure rétrofuturiste et parfois fantastique à ce monde.
Il utilise des techniques traditionnelles comme le graphite, les crayons de couleur en bois, l’encre de Chine et l’aquarelle.
«C’est l’histoire d’enfants cobayes qui ont reçu l’habileté de lire dans les pensées par le touché, explique le créateur. Je voulais raconter une histoire qui représente visuellement les émotions et les pensées. Je me concentre sur la tragédie autour d’une famille qui n’est pas reliée de sang et qui n’est pas de la même espèce. Humains et animaux sont unis, mais il y a aussi de la malice chez les animaux qui deviennent un miroir sur notre propre espèce.»

Le récit de La reine oiseau se déroule dans un futur où les technologies non renouvelables ont été remplacées par celles organiques qui donnent une allure rétrofuturiste et parfois fantastique à ce monde. (Photo : gracieuseté)
Inspiré par les dinosaures
Son amour pour les dinosaures et le cinéma a représenté la porte d’entrée dans l’univers du phylactère. Boyer-Cazelais a dessiné des mammifères préhistoriques et il a ensuite développé ses histoires.
Il s’est inspiré d’œuvres classiques avant de découvrir les films du studio Ghibli comme la saga Alien ou Dracula de Bram Stoker. Les documentaires sur la biologie et la paléontologie ont également servi de sources d’inspiration.
En Belgique, il s’est toutefois rendu compte que ses connaissances sur la bande dessinée étaient assez réduites. «Je me suis mis à lire une panoplie de BD ici, laisse-t-il savoir. En plus de la science et du monde naturel qui continuent de m’inspirer. Je travaille justement sur un projet, soit une anthologie de documentaires animaliers sur les dinosaures, adaptée en BD.»

Le bédéiste est fasciné par les dinosaures depuis sa jeunesse. (Photo : gracieuseté)
Reconnu au CégepBD
Le bédéiste a fait ses classes notamment au Cégep de Valleyfield où il étudiait en arts visuels. Lors de deux années consécutives, en 2017 et 2018, il a reçu une mention au concours CégepBD présenté dans l’institution de la rue Champlain.
«Pendant que j’étudiais en arts, je travaillais sur des projets personnels de BD, a-t-il relaté. Ce qui m’a éventuellement convaincu de laisser derrière moi les programmes d’arts visuels pour une école qui se spécialise en BD.»
De nouveaux horizons

Une planche de La reine oiseau. (Photo : gracieuseté)
À Saint-Luc Liège, un nouveau monde s’offre à lui. «J’avais besoin de voir de nouveaux paysages, confie-t-il. Comparé au Québec, j’ai été surpris de voir que la lecture était bien intégrée dans la culture belge, a-t-il observé. Il y a des lecteurs partout et des librairies qui vendent exclusivement des BD.»
Charles Boyer-Cazelais souhaite créer ses ouvrages et séries originales. Il rêve aussi de démontrer que le travail d’auteur de BD n’est pas un passe-temps, mais un vrai travail qui exige rigueur et de la détermination. «Il suffit de regarder le montant accordé à ce domaine comme dans l’art en général, explique le Mercierois. Il faut faire le double du travail parfois pour obtenir un salaire convenable. Mais au moins, j’adore la réalisation de la BD en elle-même.»
