Le milieu communautaire est toujours à «boutte» mais se tient encore «deboutte». De nombreux organismes ont uni leurs voix jeudi matin pour réitérer leurs besoins de financement et de reconnaissance.
«On est très fier du travail fait au printemps, a convenu Vanessa Richer du Centre D’Main de femmes. Maintenant, c’est le temps de reprendre et les élections provinciales c’est évidemment un moment super intéressant pour continuer cette mobilisation-là.»
Plusieurs organismes de Beauharnois-Salaberry et du Haut-Saint-Laurent étaient présents sur le chemin Larocque jeudi midi pour se faire entendre.
Les demandes sont essentiellement les mêmes que celles évoquées au printemps alors que des grèves de services ponctuelles ont notamment eu lieu.
Les négociations et rencontres entre le mouvement national et le gouvernement n’ont pas débouché sur des gains concrets.
«Personnellement j’ai été un peu déçu de la réponse du gouvernement qui nous a annoncé qu’il n’y aurait pas plus d’argent investi, a avancé Sébastien Poiré du Centre sur l’Autre Rive. On espère, avec les élections qui s’en viennent, que, s’il y a un changement de gouvernement, la réponse va être différente dans les prochaines semaines.»
La campagne électorale est jeune et les plateformes commencent à sortir. Les intervenants sont à analyser les propositions. Mais définitivement, le sujet du communautaire n’est pas assez abordé selon les intervenants communautaires. Deux rencontres avec les candidats locaux sont cependant prévues d’ici la fin du mois pour obtenir des réponses.

Les organismes communautaires s’unissent à nouveau pour rappeler qu’ils sont toujours à «boutte». (Photo Le Saint-François : Eric Tremblay)
Des conditions décentes
Le communautaire assure ne pas demander la charité. Il réclame toutefois un financement pour soutenir sa mission et demeurer un filet social important dans la communauté.
Les organismes peinent à compétitionner avec le réseau public qui offre des salaires et des conditions souvent supérieurs.
«On voit un taux de roulement assez élevé dans certains organismes, a spécifié M. Poiré. Trois personnes sur 10 qui commencent à travailler dans le milieu communautaire vont quitter justement pour des raisons salariales. »
Les suppressions de postes se transposent en coupure de services pour les usagers. Voilà ce dont le milieu communautaire veut se prévenir.
«Nos burnout sont politiques, a lancé Mme Richer. Nos manques de ressources sont politiques. Les besoins grandissants dans la communauté sont politiques. Derrière cette réalité, il y a des choix de société. C’est pourquoi notre mobilisation est essentielle. Nous devons continuer à porter nos voix fortes, collectives et solidaires. Parce que défendre le communautaire, c’est défendre la dignité, la justice sociale et le droit de chacun et leurs conditions de vie décentes.»

