Comme si ses titres de député d’Huntingdon et de whip en chef du gouvernement n’étaient pas suffisant, Stéphane Billette vient d’en ajouter un autre. Il peut désormais être qualifié d’Ironman, lui qui a complété l’Ironman de Mont-Tremblant le dimanche 20 août.

Rien ne laissait présager que l’homme politique se découvrirait une passion pour le dépassement de soi par l’activité physique. Il avoue qu’il y a moins de cinq ans, il ne savait même pas nager. «J’ai tenté de traverser le canal à Salaberry-de-Valleyfield, confirme M. Billette. Après seulement six mètres, je n’étais plus capable. Des gens sont venus me chercher en plein milieu. Cependant, je n’ai pas abandonné et j’ai fini par apprendre.»

La détermination de Stéphane Billette est impressionnante. Il lui arrive de se lever à 4 h 30 pour se livrer à un 20 km de course à pied ou encore pour enfourcher son vélo et parcourir 100 km avant de revenir au bureau et d’entreprendre le travail pour 8 h 30. «Je me souviens qu’une fois, j’étais debout et que j’attendais que le soleil se lève avant de partir m’entraîner, lance Stéphane Billette avec le sourire aux lèvres. C’est réellement devenu une passion pour moi.»

Si le vélo est sa discipline préférée, il n’en demeure pas moins que pour franchir la ligne d’arrivée, Stéphane Billette a fait quatre kilomètres de natation, 180 km de vélo et 42 kilomètres de course à pied. L’entraînement prend donc toute son importance. «Je me suis entraîné sous la supervision de Pierre Thifault et de Jean-François Dionne. Ce dernier est sans contredit l’un des plus grands athlètes de la région. C’est primordial d’être bien entouré pour réaliser un Ironman. Le risque de se surentraîner est également présent.

Le 20 août dernier, c’est un Stéphane Billette confiant qui a pris le départ de la compétition sportive. Cependant, son regard sur l’événement est loin d’être compétitif. «Premièrement, je ne m’étais pas fixé d’objectif de temps, confirme le principal intéressé.  Ce que je voulais c’était uniquement de compléter mon premier Ironman. Pour moi, mon seul adversaire c’est moi. J’étais en compétition avec moi-même.»

Il est évident que de pousser son corps à son maximum amène aussi quelques complications. «J’ai commencé à ressentir de la fatigue alors que j’étais en vélo. En plus, j’avais oublié mon sac de transition dans lequel il y a des comprimés de sel. J’ai donc eu des crampes dans les jambes.»

Pendant que le commun des mortels aurait abandonné compte tenu de la situation, Stéphane Billette n’a jamais envisagé cette alternative. Même si de son propre aveu, il a frappé un mur. «En course, je me disais que tant que j’avançais, que je finirais par franchir la ligne d’arrivée. Il n’y avait pas une place sur mon corps que je n’avais pas mal. Cependant, lorsque j’ai finalement franchi l’arrivée, j’ai ressenti une sensation indescriptible. J’ai vraiment savouré le moment. Je suis devenu émotif lorsque j’ai vu mes enfants et que ma conjointe m’a remis ma médaille.»