Le président du Syndicat des constables spéciaux du gouvernement du Québec, Frank Perales, dit accepter la décision du juge Éric Hamel d’avoir exclus un constable d’une salle de cour du palais de justice de Valleyfield, parce qu’il n’était pas vêtu convenablement.

Depuis avril 2015, les constables spéciaux du gouvernement du Québec sont sans convention de travail. Afin de revendiquer et pour dénoncer la situation, les agents ont reçu de leur syndicat des chandails qu’ils portent sous leur veste. Toutefois, au palais de justice de Valleyfield, le lundi 6 juin, le juge a exigé que l’agent aille se changer s’il voulait travailler dans la salle d’audience.

«Nous devons respecter le décorum, informe le président du Syndicat des constables spéciaux du gouvernement du Québec, Frank Perales. Le juge est roi et maître dans sa salle. S’il accepte qu’un agent porte le chandail, c’est correct, mais s’il ne le veut pas, nos membres sont au courant qu’ils doivent aller se changer. C’est déjà arrivé dans d’autres palais de justice que le juge refuse qu’un constable porte le chandail.»

Si la situation survenue n’est pas une première, Frank Perales souligne que certains juges ont démontré leur soutien envers les constables spéciaux. «Neuf juges sur dix ne disent rien. À Montréal, nous avons reçu des félicitations et il y a même des juges qui nous ont demandé des chandails en guise de solidarité. Comme nous ne pouvons pas faire la grève ou ralentir notre travail, la visibilité que nous apporte le port du chandail demeure notre seul moyen de revendication», fait savoir M. Perales.

Le président du syndicat explique qu’il s’est entretenu avec le juge en chef adjoint de la Cour du Québec avant que ses membres portent le chandail. «J’ai expliqué que c’était un moyen de visibilité, mais il m’a averti que cela était à la discrétion du juge en place. S’il accepte, le constable peut travailler sans problème, s’il refuse, il a l’obligation de se changer.»