Il n’y a pas si longtemps, jouer au hockey professionnel était un rêve pour Alexandra Labelle. Mercredi soir, non seulement elle endossait le gilet de la Victoire de Montréal, mais elle soulevait la Coupe Walter, remise aux championnes de la ligue de hockey professionnel féminin (LPHF).

Rejointe au téléphone deux jours après le triomphe, la hockeyeuse de Saint-Louis-de-Gonzague ne semblait toujours pas réaliser ce qui venait de se passer. «C’était un beau moment, je vis une belle fatigue, a indiqué la joueuse de centre. On avait une équipe construite pour gagner. C’est une chose de le dire, mais c’est une autre chose de le faire. On l’a prouvé. On a fait face à de l’adversité. La force du groupe s’est montée.»

La Victoire a défait la Charge d’Ottawa 4-0 dans le quatrième match de la finale de la LPHF. Lors du premier duel de la série, son équipe était à trois secondes de s’incliner. Mais Montréal a égalé la marque puis gagné en prolongation.

«Il y a eu plusieurs moments clefs dans la série, a confié l’athlète de Saint-Louis-de-Gonzague. On y croyait. On est une équipe qui n’abandonne jamais. On trouvait toujours un moyen de revenir. C’était magique.»

Accepter son rôle

Labelle a joué un rôle principalement défensif avec la Victoire. Elle a affiché une énergie et une combativité qui lui ont permis de se démarquer dans cette facette du jeu. Notamment dans le cercle des mises au jeu où elle a dominé.

«J’avais un rôle, je l’ai accepté et j’ai fait de mon mieux, a laissé savoir la # 13. Je me suis beaucoup pratiquée avec les entraîneuses et j’ai parlé avec mes coéquipières.»

La joueuse de centre a été particulièrement dans le cercle des mises au jeu. (Photo LPHF : gracieuseté)

Question de passion

Son triomphe avec la Victoire se veut une suite logique de ses succès, elle qui a remporté deux fois le championnat universitaire québécois et une fois le titre canadien avec les Carabins de l’Université de Montréal ainsi que la médaille d’or aux Universiades avec Équipe Canada.

«C’est vrai que j’ai gagné beaucoup de championnats, mais celui-là c’est le plus gros, a-t-elle assuré. Jouer au hockey professionnel était un rêve. De gagner la Coupe était le suivant.»

Labelle a remercié ses parents et son frère qui l’ont toujours appuyée dans sa passion du hockey.

Elle a aussi eu de bons mots pour Isabelle Leclaire qui a été son entraîneuse avec les Carabins.

«Elle m’a toujours dit que j’avais tout le talent pour jouer professionnel, même au moment où la ligue n’existait pas. Elle m’a aidée à améliorer les facettes de mon jeu. Elle a  eu un gros pouvoir sur moi.»

Fièvre du hockey féminin

Maintenant que la saison est terminée, Labelle prendra du repos, elle qui a été affectée par un virus en fin de saison.

Les festivités se poursuivent toutefois et l’attaquante constate déjà l’impact d’un tel championnat à Montréal. «Les gens nous félicitent dans la rue et ils sont contents pour nous, a-t-elle confirmé. On sent que la communauté supporte le hockey féminin et le sport féminin en général.»

La période estivale sera ensuite faite de café, son autre passion, et se préparer pour la défense de la Coupe Walter.

La hockeyeuse de Saint-Louis-de-Gonzague n’a jamais cessé de travailler pour accéder au niveau professionnel. (Photo LPHF : gracieuseté)