L’utilisation de paradis fiscaux fait perdre 7 milliards $ aux Canadiens en taxes et impôts. Le Nouveau parti démocratique en a fait sa cible bien que ce soit un combat du type David contre Goliath

Le porte-parole québécois du NPD, Alexandre Boulerice, et sa consoeur député de Salaberry-Suroît, Anne Quach, rencontraient les sympathisants mardi à Les Coteaux pour parler évasion fiscale.

«C’est un peu dramatique, a lancé M. Boulerice, Comment se fait-il qu’on n’est pas capable d’offrir plus qu’un bain par semaine en Centre d’hébergement de soin de longue durée (CHSLD) ? On pense qu’une partie de la réponse se trouve aux Bermudes et dans les Îles Caïman. »

Les 16 députés québécois du NPD arpentent la province pour sensibiliser les électeurs sur la problématique. Les paradis fiscaux se trouveraient au deuxième rang des endroits où les entreprises investissent dans le monde après les États-Unis. Assez pour qu’aux Îles Caïman, on retrouve plus d’entreprise que d’habitant.

Le NPD espère renégocier l’entente bilatérale afin de donner des outils pour récupérer les sommes qui échappent à l’État.

«C’est un choix politique des derniers gouvernements qui se sont succédés de favoriser les riches, a indiqué Mme Quach. Il n’y a pas d’équité économique. »

Le troisième parti d’opposition au Canada a déposé une motion qui a été appuyée par le gouvernement libéral. M. Boulerice s’attend donc à des actions cohérentes et logiques avec cet appui.

«Ça saute aux yeux que ce n’est pas juste. Que c’est du vol légalisé, soutient-il. L’échappatoire fiscal de 800 millions $ avec la Barbade; on aurait juste à s’asseoir avec elle et dire que ça ne nous convient pas. »

Roger Lanoue, membre du conseil d’administration de l’Association québécoise  pour la taxation des transactions financières  et pour l’action citoyenne, était aussi un des orateurs de cet assemblée publique.

Début 2018, le NPD devrait arriver avec des résolutions et déposer des projets de Loi. Si bien que ce pourrait être un enjeu à la campagne électorale nationale de 2019.

Mais pour le moment, le NPD tente de convaincre les électeurs que le combat n’est pas perdu d’avance. «C’est plus ardu de convaincre les gens que c’est possible que ça change, mentionnent Boulerice et Quach. Ça l’air gros, mondial et complexe, mais ça ne veut pas dire qu’on n’a pas une poignée pour s’appuyer. »