Le monde des régates est en deuil à la suite du décès de Warren Haworth, survenu le mercredi 30 mars à l’âge de 70 ans.
Le résidant de Salaberry-de-Valleyfield nous a quittés après avoir livré un long combat contre la maladie, à la manière du fier compétiteur qu’il a été pendant ses quatre décennies d’engagement dans le sport motonautique. Dans les heures qui ont suivi son départ, les membres de sa famille ont louangé le courage démontré par le disparu dans les derniers mois de sa vie et ce, sans jamais se plaindre de son état de santé.
Warren Haworth aura été un battant qui a marqué les courses d’hydroplanes par son sens de l’innovation, son souci du détail, son expertise de la mécanique et sa détermination à devenir le champion qu’il a été durant son parcours dans le milieu du sport le plus rapide sur l’eau.
Membre du Temple de la renommée de la Fédération nautique du Canada, il s’est démarqué notamment grâce à ses nombreuses conquêtes de championnat en tant que propriétaire et chef d’équipe du «Why Not» CS-57 de classe 2,5 litres. Dans les années ’80, cette écurie a aligné 4 titres canadiens avec Ronald Brault et Claude Bergeron aux commandes.
Lors des régates d’or à Valleyfield en 1988, le «Why Not» a filé vers la seconde marche du podium alors que la triple couronne était à l’enjeu. En 1990, Warren Haworth et Daniel Brossoit ont uni leurs efforts pour rafler le championnat national américain à Meridian au Mississippi.
«Gagner les Nationaux américains, c’est comme réaliser un grand rêve. Il s’agit du plus grand accomplissement de l’écurie « Why Not », d’autant plus que nous avons établi un nouveau record canadien (82,9 m/h) pendant le week-end», avait déclaré au Journal le propriétaire du «CS-57». Le regretté Daniel Brossoit était alors devenu seulement le 3e Québécois à remporter les «U.S. Nationals» après Jules Leboeuf en 1971 et François Cardinal (1989) dans le «Pixie» de Russel Haworth.
Cet exploit reflète bien le niveau d’excellence atteint par Warren Haworth, qui est d’ailleurs devenu le premier professionnel des régates en 1992. Il avait alors signé un contrat de trois ans pour cumuler les fonctions de chef d’équipe des écuries «Export A inc.» de classes 2,5 litres et Grand Prix.
Sa réputation comme motoriste a monté d’un autre cran dans les années 1990 et 2000. Son fils Patrick Haworth, Bert Henderson et Pierre Maheu, entre autres, ont gagné des championnats dans la classe 2,5 litres avec des engins assemblés par Warren Haworth. «Mon père compte une quinzaine de victoires à Valleyfield en tant que fabricant de moteur. Il était aussi un maître pour faire le « set up » des bateaux», de signifier Patrick Haworth.
L’héritage laissé par Warren Haworth comprend également les titres décrochés en 5 litres par son fils et les plus récentes conquêtes auxquelles il a contribué au sein de l’ACHA en Grand Prix. L’année 2013 a été exceptionnelle alors que le «Why» GP-57, piloté par son fils Patrick, a complété tous ses départs pour attirer dans son sillon le championnat de la saison.
Warren Haworth a développé cette passion pour les régates à partir des années ’60 en côtoyant ses frères, Dennis et Russel. La fabrication de trois bateaux avec des plans commandés de la Nouvelle-Zélande, les «Kiwi», a été l’un des projets familiaux qui a fait fortifier la notoriété des Haworth. La suite de l’histoire devait amener Warren Haworth à devenir l’un des grands gagnants du sport motonautique et un expert dans l’art de pousser un hydroplane à son extrême limite.
Un dernier hommage sera rendu à Warren Haworth le dimanche 10 avril (15 h) au Complexe funéraire J.A. Larin & Fils sur la rue Victoria à Salaberry-de-Valleyfield.
