Malgré une proposition entérinée à l’assemblée du mardi 14 juin par les 6 conseillers de Coteau-du-Lac demandant le démission du maire Guy Jasmin, ce dernier persiste à demeurer en poste.
La proposition présentée au conseil fait d’abord état de négligence de la part du maire Jasmin dans le dossier de la caserne d’incendie et le fait qu’il ait «ignoré les règlements malgré les avertissements répétés de l’administration.»
Le projet d’agrandissement de la caserne a été mené par celui-ci sans qu’il ait obtenu de permis de la municipalité et en l’absence de plans d’ingénierie et d’architecture.
«Le plus grave dans ce dossier-là, c’est que monsieur le maire a passé par-dessus la loi, je pense que cela est inacceptable», a commenté la conseillère Nathalie Clermont.
Son collègue, le conseiller Jacques Delisle, habituellement favorable au maire Jasmin, lui reproche d’avoir agi seul dans ce dossier au lieu de travailler en collaboration avec les membres du conseil. «C’est le message que j’ai voulu passer», a-t-il confié à l’issue de l’assemblée, un point de vue partagé par ses collègues Christian Thauvette et Patrick Delforge.
Intimidation
La proposition fait aussi état de gestes d’intimidation de façon répétée à l’endroit des fonctionnaires dans le but de les empêcher d’assumer adéquatement leurs fonctions. À cela s’ajoute des menaces, des propos discriminatoires et blessants aux membres du conseil depuis le début du mandat.
«Quand on dit que le conseil municipal a été un an sans rencontres, c’est anormal et c’est fait dans le but de garder le pouvoir… c’est l’abus de pouvoir», a déclaré la conseillère Andrée Brosseau, en mentionnant que le maire n’avait plus la confiance ni des conseillers ni des employés municipaux.
Pour sa part, le conseiller Jacques Biron a décidé de quitter l’assemblée, en voyant l’attitude de M. Jasmin de vouloir rester en poste.
«Élu par la population»
En réaction à ce coup de force du conseil, le maire Jasmin s’est refusé à quitter ses fonctions. «J’ai été élu par la population, ce n’est pas 6 conseillers, donc 6 citoyens, qui vont me faire démissionner», a-t-il déclaré, en laissant son sort aux mains du ministre des Affaires municipales.
Dès les premières minutes de l’assemblée, le maire Jasmin était intervenu pour adresser ses excuses à l’urbaniste et à l’inspectrice municipale, concernant des propos qu’il a tenus à leur endroit.
Il a aussi dénoncé l’attitude de certains conseillers qui auraient agi à l’encontre des intérêts de la ville dans le dossier de l’Agroparc Pont-Château.
Le maire a dû finalement répondre à un barrage de questions de citoyens concernant le dossier de la caserne d’incendie, dont la facture atteint maintenant les 400 000 $. Un mandat a d’ailleurs été accordé à la firme Dagenais et Ass. pour réaliser une étude sur la conformité de la caserne.

