Désormais de l’autre côté de la frontière, avec les Black Bears de l’Université du Maine, Justin Poirier demeure un joueur offensif menaçant. Son saut dans la NCAA était motivé par le désir de voir son jeu évoluer. À l’aube d’une fin de saison trépidante, il peut dire mission accomplie.

«C’est une bonne expérience, un autre niveau, a-t-il confié après l’entraînement des siens mardi après-midi. Mon objectif en venant ici était de me rapprocher de la game pro. Le défi, c’est la maturité des gars et leur exécution. Certains ont déjà joué dans la Ligue américaine de hockey.»

L’attaquant a opté pour un plan qui prévoit une saison à la fois. En discussion avec son agent et l’entraîneur du développement des Hurricanes de la Caroline, qui l’ont repêché en 2024, il n’a rien projeté au-delà de sa fin de saison 2025-26.

«Chaque décision va se prendre en temps et lieu, a-t-il confié. L’entraîneur du développement regarde mes matchs et me donne des commentaires constructifs. Pour le moment, ce que je contrôle, c’est mon éthique de travail.»

Le Campivallensien de 19 ans dit avoir appris à repousser ses limites. L’attaquant conserve son flair offensif, comme en font foi ses 29 points, dont 18 buts, en 27 parties.

Mais il a rapidement constaté que son jeu devait évoluer parce que tout vient plus vite dans la NCAA.

Plus qu’un marqueur de buts

L’entraîneur-chef des Black Bears, Ben Barr, sait qu’il détient un joueur spécial dans son alignement. Son attaquant développe de nouvelles facettes dans son jeu pour avoir un impact dans les résultats de l’équipe.

«Justin a eu un gros impact, surtout au début de l’année alors qu’il marquait presque un but par match; on ne voit pas très souvent de joueur de première année faire ça, a-t-il révélé. Le défi pour Justin est d’avoir un impact sur le jeu même s’il ne marque pas de but. Il travaille sur ça en ce moment et ce n’est pas le seul jeune joueur de notre équipe à travailler là-dessus.»

Si au début de la saison, il marquait des buts à profusion, c’est plus difficile dernièrement. Mais Barr comprend très bien la situation de son joueur recrue.

«En deuxième portion de saison c’est devenu plus difficile, reconnaît Barr. Il doit continuer de travailler fort pour gagner ses batailles à un contre un ou bien défendre en zone défensive. Des fois, ça devient plus difficile de le faire quand tu es frustré parce que tu ne marques pas. Les émotions prennent le dessus. Il doit séparer le fait qu’il joue bien ou pas peu importe s’il compte.»  

Nomination flatteuse

Justin Poirier est le candidat de son équipe pour le trophée Hobey Baker, remis au meilleur joueur universitaire américain.

Parmi les récents récipiendaires, on retrouve Macklin Celebrini, Cale Makar ou Cole Caufield. Un seul Québécois l’a remporté, soit Junior Lessard en 2004.

Et le dernier porte-couleurs des Black Bears à l’avoir soulevé est nul autre que Paul Kariya, depuis intronisé au Temple de la renommée du hockey.

Disons que Poirier, joueur à sa première année d’éligibilité NCAA faut-il le rappeler, se retrouve dans une liste prestigieuse.

«C’est une très belle nomination, a-t-il avoué. J’ai été sur un petit nuage au moment où ç’a été annoncé. J’ai été fier sur le moment, mais je suis rapidement passé à autre chose. C’est toujours flatteur d’être nommé, mais il reste 7 matchs à jouer et on doit continuer de travailler fort.»

Sa saison comprend aussi jusqu’à présent deux titres de recrue de la semaine, un autre comme recrue du mois et un comme joueur du mois.

Le Campivallensien est honoré par sa nomination au trophée Hobey Baker mais reste concentré sur la fin de saison et les séries à venir pour les Black Bears. (Photo : Maine athletics)

La ferveur du Maine

Pendant trois ans à Baie-Comeau, le hockeyeur dit avoir évolué devant les meilleurs supporteurs de la Ligue canadienne de hockey.

Au Maine, il a aussi le sentiment de toujours jouer devant de vrais fanatiques de hockey. Je dirais que la rivalité qui existait entre le Drakkar et les Saguenéens est la même que le Maine vit contre le New Hampshire, a-t-il résumé. Dans nos discussions entre coéquipiers ou avec les Québécois des autres équipes, ça revient toujours sur nos fans. On sent vraiment le 7e joueur derrière nous.»

Ce support sera crucial dans le dernier droit de la saison. L’Université du Maine a toujours 7 parties à disputer, toutes contre des rivaux directs de la division Est.

Les Black Bears occupent actuellement le sixième rang de leur division, mais ont deux matchs en main sur l’équipe qui se trouve tout juste devant, les Terriers de l’Université de Boston.

Justin Poirier apprécie l’expérience du hockey universitaire américain où il a le sentiment de repousser ses limites. (Photo : Maine athletics)