Dans la nuit de samedi à dimanche, une mobilisation sous forme de sit-in est survenue au Centre mère-enfant de l’Hôpital du Suroît. Un geste pour dénoncer le manque et la mauvaise gestion du personnel.
«Les infirmières sont à bout de souffle, indique une infirmière sous le couvert de l’anonymat. Elles ont dénoncé une situation qui mettait en danger et à risque la clientèle en refusant d’entrer en fonction. »
Elle ajoute que les infirmières du quart du soir ont dû rester en poste durant plusieurs heures jusqu’à ce que des gestionnaires déplacent des infirmières sur l’unité.
La situation n’était pas meilleure dimanche. «Plusieurs infirmières sont prises en otage de façon obligatoire ce soir [le 1er mars], en prévision de la nuit en raison du manque de personnel», ajoute-t-on dans un courriel expédié au Journal.
On ajoute que le Centre mère-enfant de l’hôpital de Valleyfield serait en situation problématique depuis plusieurs mois. Plus que le manque de personnel, le manque de main d’œuvre qualifié pour le département où on donne vie est pointé du doigt.
Deux rencontres entre le personnel et les hauts dirigeants auraient eu lieu en février afin de dénicher une solution. Dimanche même, gestionnaires et haute direction ont été convoqués à une rencontre téléphonique d’urgence.
Les infirmières laissent entendre qu’un bris de services, soit la fermeture temporaire du Centre mère-enfant, pourrait être envisagé. Elles sont aussi préoccupées par la période estivale qui s’annonce «catastrophique» en raison du manque de personnel et avec les prévisions d’accouchement. «Cette problématique est connue depuis plusieurs mois, voire des années, prétendent-elles. Les nouvelles ressources infirmières envoyées et formées sont inexistantes. Ce sont les infirmières qualifiées du département qui doivent palier au manque de personnel et mêmes elles n’y arrivent pas. »
Le CISSSMO réagit
Le Centre intégré de santé et services sociaux de la Montérégie-Ouest est consciente que la rareté de main-d’œuvre est une réalité à laquelle il est confronté. «Spécialement dans les services nécessitant des ressources très spécialisées comme le Centre mère-enfant, mentionne Jade St-Jean, conseillère cadre aux communications externes, relations médis et ministérielles. De surcroît, ce secteur nécessite du personnel formé et en disponibilité suffisante 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et doit composer avec une imprévisibilité quant au volume de la clientèle admise. Une gestion très pointue est assurée de façon continue.»
La conseillère aux communications confirme que la priorité est d’assurer des services de santé de qualité et sécuritaires à l’ensemble des patients. «Si une raison, comme le manque de personnel, peut compromettre la sécurité de nos patients, des corridors de service sont coordonnés avec d’autres hôpitaux afin de pouvoir prendre en charge la clientèle au besoin, ajoute-t-elle. Encore une fois, la santé et la sécurité de nos patients sont au cœur de nos décisions. »
Elle confirme que des rencontres ont eu lieu afin de trouver des solutions. Celles-ci impliquent la direction et le personnel et vise à diminuer la pression sur l’équipe du Centre mère-enfant, répondre aux besoins de la clientèle et éviter des ruptures de services. «Parmi les solutions en cours de déploiement, notons que des postes sont présentement affichés et d’autres seront affichées prochainement afin de bonifier cette équipe spécialisée et ainsi diminuer les risques de bris de services dans le futur», de conclure Jade St-Jean.
