Le bidon des producteurs laitiers débordent. Ils attendent depuis trop longtemps que le gouvernement statue sur le lait diafiltré. Jeudi matin, plus de 200 d’entre eux, quittaient la Montérégie pour manifester sur la colline parlementaire.

«On attend depuis trop longtemps, a indiqué Maurice Montclam, président des producteurs de lait de la Montérégie-Ouest. Le gouvernement fédéral avait dit qu’il règlerait le dossier en 100 jours. On veut une entente claire, pas une décidée sur le coin d’une table. »

Ce délai a été atteint aujourd’hui, d’où la manifestation. L’objectif est de protéger le système de gestion de l’offre et faire cesser les importations de lait diafiltré au pays Cette façon de procéder cause de lourdes pertes, «d’environ 5000 $ annuellement pour une fermer moyenne (entre 55 et 60 vaches)», selon M. Montcalm.

Le lait diafiltré, un concentré liquide ultraprotéiné, intéresse les transformateurs, puisqu’il leur permet de produire plus de fromages ou de yogourt, à des coûts moindres. Classé comme concentré de protéines et non comme du lait, le diafiltré traverse les frontières sans restrictions et déjoue, selon les producteurs, le système de gestion de l’offre instauré pour protéger la production canadienne.

«Pour nous, ce serait simple à régler, prétend le producteur de Saint-Louis-de-Gonzague.  En 2008, le gouvernement a établi des normes pour la transformation du fromage. Mais cette politique n’est pas respectée. »

M. Montcalm entretient des craintes envers les ententes commerciales avec les voisins du Sud. D’autant plus que les Américains sont en processus électoral. Le président actuel, Barack Obama est aussi attendu au Canada d’ici la fin du mois. «Ça ne se règlera pas avant», soutient-il.

(Avec la collaboration d’Annabelle Baillargeon)