Réunis à l’Hôtel Plaza Valleyfield, les délégués de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) ont rejeté les propositions déposées par le gouvernement caquiste en décembre 2019.

Les quelque 300 délégués, réunis pour une première fois depuis le dépôt des offres, représentent plus de 90 000 salariés de la santé et services sociaux, dans toutes les catégories de personnel.

En entrevue, la vice-présidente de la Fédération, Josée Marcotte, a fait savoir que ces offres ne permettront pas au réseau de sortir de la crise vécue actuellement dans le réseau.

« On est très déçus des offres présentées par le Conseil du trésor pour les offres monétaires, autant que pour les offres sectorielles (conditions de travail) », mentionne la vice-présidente.

La vice-présidente de la Fédération, Josée Marcotte.

Concernant les salaires, le gouvernement offre des augmentations de 7 % sur cinq ans, soit plus de 3 % sous les prévisions de l’inflation pour la période, ainsi qu’un montant forfaitaire versé uniquement aux salariés ayant atteint le sommet de leur échelle.

« Le Conseil du trésor n’a pas compris la situation de crise qu’on vit actuellement… ce qu’ils offrent aux employés du secteur public, c’est de s’appauvrir alors que nous on dit qu’il faut donner un sérieux coup de barre. On a de la difficulté à attirer du personnel et retenir ceux qui sont là, dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre ou on s’arrache la main-d’œuvre, à la suite des années d’austérité qu’on a connues. »

Les syndicats affiliés à la CSN, représentant 150 000 travailleurs du secteur public, réclament un redressement de 3 $ l’heure pour tous les salariés dès le 1er avril 2020 ainsi qu’une augmentation d’un dollar l’heure (minimum 3 %) pour 2021 et 2022.

Quant aux conditions de travail propres au réseau de la santé et des services sociaux, le dépôt patronal a été reçu froidement par les délégués. La partie syndicale dit avoir présenté une centaine de solutions concrètes, issues de consultations intensives menées auprès de tous les travailleurs, mais que la partie patronale a déposé des principes vagues, qui rappellent les dépôts patronaux lors de précédentes rondes de négociations.

Les syndicats de la FSSS–CSN préparent donc des moyens de pression et de visibilité qui seront déployés au moment opportun afin d’obtenir un changement de cap de la part du gouvernement.

« On va laisser la place à la négociation, mais parallèlement on va se préparer car il y a un ras-le bol des travailleurs et on va mettre la pression qu’il faut », assure Josée Marcotte.

Celle-ci dit croire en un certain appui de la population. « Les gens constatent l’impact des coupures des dernières années et comprennent que, quand on travaille en sous-effectifs, c’est la qualité des soins qui en souffrent. »