Adolescent, Matthieu Hébert a participé aux Jeux du Québec en escrime. Puis une vilaine blessure l’a éloigné de son sport pendant une bonne vingtaine d’années. Jusqu’à ce que le Campivallensien de 48 ans soit mis en contact avec la version en fauteuil roulant de son sport. Il a relevé l’épée avec adresse au point de se qualifier pour les Jeux paralympiques de Rio.
L’escrime était le sport de prédilection de Matthieu Hébert à l’adolescence. Mais une vilaine blessure lors d’un entraînement a considérablement nui à la mobilité de sa jambe gauche. Il a remisé son épée et alors fait une croix sur ce sport.
Un remplacement de la hanche il y a quatre ans l’a toutefois remis sur pied. Et lorsqu’il a lu un article dans le Saint-François sur le Club Roussillon qui offre des cours à l’école Gault, Matthieu Hébert a renoué avec son sport. «J’ai une vie remplie avec une femme, trois enfants et un boulot, confie-t-il. Je cherchais quelque chose pour tenir la forme et j’ai recommencé l’escrime par pur plaisir. C’est un sport magnifique qui allie rapidité et stratégie. Un sport de combat tout en finesse. »
Lors d’un entraînement, Iulian Badea, entraîneur d’athlètes paralympiques canadiens depuis 2009, constate que Matthieu Hébert a un handicap. Il apprend ensuite l’existence du volet en chaise roulante de ce sport au Campivallensien. «Je me suis botté le derrière de ne pas l’avoir sur plus tôt, indique-t-il. M. Badea m’a dit que Rio c’était possible. J’ai donc mis toutes les chances de mon côté et j’étais bien entouré et motivé pour repousser mes limites. »
21e au monde
La stratégie de l’épée demeure la même que l’on soit debout ou assis. Cependant, Matthieu Hébert a dû s’ajuster à la nouvelle réalité imposée par le fauteuil. «Il est fixé dans le sol, indique-t-il. Au début, les participants établissent une mesure de distance avec l’épée. Ensuite, ce soit les mêmes règlements avec des petites modifications. Il est possible de se projeter vers l’avant, de reculer, ou feinter. Les mouvements se font avec le tronc et la zone de touche se situe entre la taille et la tête. »
L’athlète sillonne le monde avec son épée. Pologne, Hongrie, Émirats Arabes Unis et le Brésil sont tous des pays où il a fait des compétitions. Au Championnat des Amériques, il a récolté deux fois le bronze. Un résultat qui en principe, ne lui permettait pas de se qualifier pour les paralympiques. «Mon classement international est 21e et les 12 meilleurs tireurs vont à Rio, explique-t-il. Mais jamais deux athlètes d’un même pays ne sont sélectionnés. Et avec l’exclusion de la Russie, mon classement a grimpé au 16e rang. Je commençais alors à me douter que je n’étais plus loin. »
Avant d’avoir sa confirmation, il a maintenu un niveau d’entraînement élevé avec Tokyo 2020 dans sa mire. Puis la grande joie est arrivée et Matthieu Hébert se dit totalement excité par l’expérience unique qui s’offre à lui.
Cinq combats de cinq touches seront à son agenda en ronde préliminaire. Les éliminatoires suivront ensuite selon le classement. «Mon objectif est un top 8. Si j’accomplis ce fait, je vais être satisfait, résume-t-il. Un top 4 je serais hystérique. »
| Club d’escrime Roussillon |
| Le club d’escrime Roussillon est en période d’inscription. Les entraînements débutent le 28 septembre et ont lieu entre 18 h et 19 h 30 à l’école Gault. Les niveaux débutant et intermédiaire sont offerts en escrime valide (debout). Pour plus d’informations: www.escrimeroussillon.ca. |
