Le gouvernement fédéral a alloué 143 M$ pour les trois prochaines années afin d’améliorer la sécurité du réseau ferroviaire. Cependant, le maire de Rivière-Beaudette se questionne à savoir si les voies ferrées qui traversent sa municipalité sont réellement inspectées.
Le drame de Lac-Mégantic a donné lieu à de nombreuses recommandations visant à renforcer la sécurité ferroviaire. Toutefois, les inquiétudes du maire Patrick Bousez sont réelles et partagées par de nombreux citoyens de la municipalité qui borde la frontière de l’Ontario et du Québec. Sur Facebook, une publication du premier magistrat permet de constater que la tension est palpable et que certains craignent le pire en lien avec la présence des nombreux wagons-citernes qui passent chaque jour à Rivière-Beaudette.
En commentaire de la publication du maire sur son compte Facebook personnel, Donald Junior Lalonde mentionne craindre qu’un jour, un train percute sa maison. «J’attends toujours que le train rentre dans maison chez nous. Pour moi le gros problème ce n’est pas le passage à niveau. C’est le chemin de fer. Il y a six unions (joints) sur moins de 75 pieds», écrit-il.
Patrick Bousez informe qu’un des résidents de la municipalité qui habite l’endroit depuis 63 ans, n’a jamais eu aussi peur qu’une tragédie survienne que ces trois dernières années. «Avec l’état de la voie ferrée, lorsque le train passe, ça bouge dans les maisons, assure M. Bousez. Parfois, il y a des convois de plus de 100 wagons. Une soixantaine de ceux-ci sont des citernes contenant du pétrole ou de l’acide. Il ne faudrait pas qu’un accident survienne dû à l’état de la voie ferrée.»
En janvier dernier, le maire a assisté à un congrès à Québec auquel assistait Raymond Beshro, directeur de la planification, développement communautaire, département juridique au Canadien National. M. Bousez a profité de l’occasion pour sensibiliser le responsable au sujet des craintes de ses résidents et de l’état de la situation.
«Il m’a dit qu’il s’occupait personnellement de notre cas. Je lui ai donc adressé un courriel en janvier et j’attends toujours une réponse de sa part. C’est pathétique. On voit clairement que pour le CN, Rivière-Beaudette n’est pas prioritaire.»
Contacté par le Journal Saint-François afin de connaître la position du CN dans le dossier, Raymond Beshro indique qu’il ignore où le dossier en est rendu. «Je m’assure personnellement à ce que Pierre-Luc Boivin, responsable aux communications avec les médias vous contacte dans les prochaines minutes», explique le directeur à l’auteur de ces lignes.
Plus de 24 heures après la conversation, aucun appel n’avait été logé au journal de la part du CN.
