Bonjour-santé a lancé la semaine dernière BonsAi, un nouveau robot conversationnel basé sur l’intelligence artificielle visant à faciliter l’accès aux soins de santé pour les Québécois. La plateforme a été développée par Tootelo Innovation inc., une entreprise technologique établie à Boucherville.
Ce nouvel outil offert gratuitement sur la plateforme Bonjour-santé est conçu exclusivement pour l’autotriage médical. Il permet aux utilisateurs de décrire leurs symptômes et d’interagir avec l’assistant par une série de questions ciblées.
L’outil ne pose jamais de diagnostic, mais identifie des causes possibles, accompagnées de probabilités, détecte les cas urgents et oriente l’utilisateur vers le professionnel de la santé le plus approprié : médecin, infirmière, pharmacien, ou l’urgence.
Dans une entrevue à La Relève, le fondateur et président de Bonjour-santé et initiateur de BonsAi, Benoit Brunel, mentionne que ce premier assistant intelligent se distingue des outils génériques couramment utilisés pour obtenir de l’information en santé, tels que Google ou ChatGPT, qui peuvent fournir des réponses générales, décontextualisées et souvent non vérifiées. BonsAi offre des causes possibles de symptômes, précise M. Brunel.
«L’un des éléments centraux de l’outil est la vérification systématique des «drapeaux rouges», soit les situations où une consultation urgente s’impose. C’est la toute première chose que BonsAi fait. On veut s’assurer que personne ne reste pas à la maison alors qu’il devrait être à l’urgence, souligne M. Brunel. Cette approche vise à éviter les dérives souvent associées aux recherches de symptômes sur Internet ou à l’utilisation d’outils d’IA généralistes.»
Sur le plan technologique, BonsAi s’appuie sur un moteur d’intelligence artificielle entraîné à partir de plus de 30 millions de dossiers médicaux provenant de partout dans le monde, via un engin développé par Google.
Tootelo n’a pas accès aux données elles-mêmes, mais utilise cette technologie pour analyser les symptômes et proposer des hypothèses crédibles. Afin d’en assurer la fiabilité, les recommandations présentées à l’utilisateur doivent faire consensus entre au moins deux intelligences artificielles, ajoute M. Brunel.
Bon départ
BonsAi a connu un démarrage rapide il y a un peu plus d’une semaine. Sans avancer de chiffres précis, M. Brunel confirme que des dizaines de milliers d’utilisateurs ont déjà eu recours à l’outil, au point où l’infrastructure est actuellement fortement sollicitée. Un engouement qui illustre, selon lui, l’ampleur des besoins en matière d’orientation médicale au Québec.
BonsAi est offert gratuitement à la population du Québec. Aucun abonnement, aucun plan payant n’est prévu. «Le service est entièrement gratuit et est financé à même les autres activités de l’entreprise», signale M. Brunel, qui ajoute que Tootelo compte près de 200 employés et opère plusieurs lignes d’affaires, dont Bonjour-santé.
Le développement de l’outil a nécessité environ un an et demi, bien que l’équipe de Tootelo œuvre en intelligence artificielle depuis 2017.
La base de connaissances de BonsAi est continuellement mise à jour afin de suivre l’évolution des pratiques médicales, des services disponibles au Québec et des changements réglementaires, assure le fondateur.
Bien que des initiatives semblables existent ailleurs dans le monde, notamment en France et en Israel, BonsAi constitue une première au Québec, et possiblement au Canada.
Pour Benoit Brunel, ce type de solution deviendra incontournable. «On a 1 300 infirmières au 811 qui font un travail exceptionnel. Mais si la technologie peut aider à mieux orienter une partie des demandes, ces ressources humaines pourront être utilisées là où elles sont le plus nécessaires, dans les cliniques et les hôpitaux», affirme-t-il.
M. Brunel ne détient aucun contrat avec Santé Québec, mais il prévoit rencontrer prochainement des représentants du gouvernement.
Quant à l’avenir, l’entreprise demeure volontairement discrète. «Plusieurs idées sont sur la table, mais il est trop tôt pour annoncer les prochaines étapes. Ce qui est certain, c’est que l’innovation fait partie de notre ADN et que BonsAi va continuer d’évoluer», conclut le président-fondateur

