L’enjeu de l’itinérance apparaît pour la première fois comme un enjeu incontournable d’une campagne électorale au Québec. Un facteur en évidence dans les villes-centres comme Salaberry-de-Valleyfield.
« Quand on entend parler de politique ici, c’est surtout des commentaires de frustration contre le système », mentionne Marilou Carrier, directrice générale de la Maison Hébergement Dépannage de Valleyfield, rencontrée à la nouvelle Halte permanente inaugurée le printemps dernier, rue Ellice.
Sur place, peu de gens étaient disposés à parler de la campagne en cours. « Les gens viennent ici surtout pour bénéficier des services qu’on leur offre, nourriture, hygiène, etc. »
Juste au mois d’août, la Halte permanente du 22, rue Ellice a accueilli 158 personnes et a servi plus de 4600 repas/collations. La clientèle ne se compose pas uniquement d’itinérants, mais aussi de gens qui possèdent un logement, parfois insalubre, parfois sans électricité.
L’épisode de pandémie survenu en 2020 est venu exacerber la hausse du nombre d’itinérants, à Montréal comme dans plusieurs villes d’agglomération. « Cette vulnérabilité s’est manifestée même chez des personnes qui avaient un travail, ou encore des jeunes issus du centre jeunesse », note l’intervenante.
À Salaberry-de-Valleyfield, cette réalité est devenue davantage visible; la Ville va jusqu’à tolérer un campement improvisé dans un secteur à l’écart.
La crise a mené divers partenaires à mettre sur pied des services comme l’autobus-chaleur, puis la Halte chaleur, rue Du Marché, puis la Halte permanente. Des efforts consentis tant par le milieu communautaire que la Ville de Salaberry-de-Valleyfield, des gouvernements de Québec et d’Ottawa.
Mais si ces efforts ont pour effet de calmer le jeu, les besoins demandent de passer à un autre niveau, alors que, selon l’Union des Municipalités du Québec (UMQ), l’itinérance engendre désormais des coûts de plus de 1,1 MM$ par année pour les services publics québécois, soit près de 95 000 $ par personne en situation d’itinérance.
Un plus grand nombre d’intervenants notamment, car ceux en place subissent la fatigue d’une clientèle exigeante, aux prises avec des problématiques diverses.
Des ressources en amont également, particulièrement en santé mentale, afin d’assurer un meilleur suivi auprès des gens concernés.
Marilou Carrier trouve « très intéressante » l’idée d’un grand Sommet sur l’itinérance mise de l’avant par l’ancienne première ministre Pauline Marois et qui pourrait voir le jour en 2027. « Il faut en parler, dit-elle, en s’inspirant de la réalité vécue sur le terrain. »
Accès au scrutin
Le Directeur général des élections du Québec a fait savoir qu’il sera possible, cette année, pour les personnes sans adresse fixe, de se prévaloir de leur droit de vote. Elles devront toutefois détenir une pièce d’identité ainsi qu’une attestation signée par une personne-ressource d’un organisme œuvrant auprès des itinérants.
Un bureau à cet effet sera accessible au 73, rue Maden, voisin du CLSC, les 25-26, 29-30 septembre et 1er octobre.


Très peu intéressant comme endroit, heure d’ouverture très restreintes et en plus l’endroit n’est pas stratégique.
Le manque de ressource à Valleyfield est vraiment problématique.