C’est le 8 septembre prochain que Marc-Antoine Lacasse connaîtra la décision du juge Éric Hamel en lien avec une accusation de conduite dangereuse ayant causé la mort.
Karina Lefebvre a été fauchée mortellement alors qu’elle faisait du patin à roues alignées à Sainte-Barbe le 22 septembre 2012. La jeune femme de 20 ans qui avait revêtu un dossard de sécurité afin d’être visible des automobilistes a été frappée de plein fouet par une voiture de marque Toyota Tercel conduite par Marc-Antoine Lacasse.
Lors du procès, un reconstitutionniste est venu expliquer au juge Hamel qu’il n’y avait aucune trace de freinage sur les lieux de l’accident avant le lieu d’impact. L’expert a établi la vitesse minimale lors de l’impact à 83 km/h. Selon une seconde théorie, l’estimation de vitesse variait entre 87 et 104 km/ h.
La poursuite, représentée par Me Pierre-Olivier Gagnon, prétend que la combinaison vitesse et l’utilisation d’un téléphone cellulaire au volant seraient la cause de l’accident. Un représentant de la compagnie Telus a aussi été appelé à la barre. Il a informé le tribunal que l’appareil cellulaire de Marc-Antoine Lacasse a été utilisé pour envoyer un message texte à 20 h 04 et qu’un message texte a été reçu par l’appareil à 20 h 06. Cependant le représentant n’est pas en mesure de confirmer si le message a été lu. L’appel au 911 en lien avec l’accident a été fait à 20 h 07 par une résidente qui habite à proximité des lieux où s’est déroulée la tragédie.
Il a aussi été possible d’apprendre que la victime se trouvait au centre de la chassée lors de l’impact «L’accusé prétend qu’il a vu la victime environ entre 75 et 100 pieds avant l’impact, indique Me Pierre-Olivier Gagnon. Cependant, il n’y a aucune trace de freinage avant l’impact. Il dit qu’il a tenté de l’éviter en allant vers sa gauche et que la victime s’est jetée sur le même côté.»
La défense, qui est assurée par Me Martin Pilotte et Me Cynthia Beaumier, a exposé une théorie à l’opposée. Selon la thèse, présentée, Marc-Antoine Lacasse n’utilisait pas son téléphone cellulaire puisque l’appareil était fermé. Un témoin, Louis Huet, est venu expliquer au juge Hamel qu’il se trouvait au même endroit que l’accusé quelques heures avant la tragédie. «L’homme jouait au golf au Club de golf de Valleyfield et Marc-Antoine Lacasse y travaillait, précise Me Pilotte. Il a demandé à M. Huet s’il avait une charge puisque son téléphone cellulaire était pratiquement à plat. Cependant, comme le témoin n’en avait pas, il n’a pas été en mesure de recharger son cellulaire.»
Un expert en défense est aussi venu estimer la vitesse à laquelle Marc-Antoine Lacasse circulait entre 64 et 75 km/h. Toujours selon la théorie de la défense, la victime se trouvait au centre de la voie inverse lors de l’accident et non en bordure de route et qu’après l’impact, la victime aurait été traînée sur une bonne distance par le véhicule de Marc-Antoine Lacasse.
