Malgré le phénomène de l’hypersexualisation et l’accès facilement à du contenu subjectif, les adolescents ne sont pas plus sexuellement actifs. Cependant, un peu moins de 8/10 (79%) ont protégé leur dernière relation, en baisse de 7% par rapport à l’étude réalisée six ans plus tôt par la Direction de la santé publique.
Par méthode de contraception, il est question de la pilule contraceptive, du timbre, de l’anneau, d’une injection Dépo-Provera, du stérilet ou d’un implant contraceptif.
Seulement 4 jeunes sur 10 adoptent la double protection qui implique l’utilisation du condom et de la contraception hormonale.
«Nos inquiétudes sont surtout sur le risque de grossesse non désiré, mais aussi la transmission d’infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) comme la syphilis, la chlamydia ou la gonorrhée.»
Il s’agit d’ITSS qui connaissent une recrudescence au Québec chez les vingtenaires, selon l’Institut national de santé publique du Québec.
La pilule contraceptive connaît un recul, observe-t-on. Différentes informations circulent à son sujet que ce soit à l’école, chez les parents, sur Internet ou les réseaux sociaux. «Il y a des mythes sur des effets secondaires exagérés, souligne le Dr Bergeron. Les jeunes ou les parents peuvent décourager la contraception.»
Question d’éducation
L’étude de 2022-23 démontre que les jeunes expérimentent toujours la sexualité de façon progressive. Environ la moitié d’entre eux auront vécu une relation sexuelle en 5e secondaire.
Jade Cousineau est sexologue et conseillère pédagogique en éducation à la sexualité au Centre de services scolaire à la Vallée-des-Tisserands. Son rôle est de supporter les enseignants du primaire et ceux du cours Culture et citoyenneté québécoise (CCQ) au secondaire qui enseignent le contenu d’éducation de la sexualité dans les écoles. Un contenu obligatoire depuis 2018.
«On sait à quel âge quel est le contenu approprié, fait-elle remarquer. Par exemple, dès la première année du primaire, les notions abordées sont, par exemple, les parties du corps ou les émotions. Le contenu évolue par la suite tout au long du cheminement. On diminue les inquiétudes.»
Quant à l’étude, la sexologue rappelle qu’elle a été réalisée en fin de pandémie et dans la vague de dénonciation #meetoo.
«Les ados aujourd’hui ont vraiment envie de parler de mutualité, de ce qu’est un red flag [un signal d’alerte], informe Mme Cousineau. Ils veulent se sentir bien dans une relation. »
Le condom
Des condoms sont accessibles dans les écoles. Que ce soit auprès de l’infirmière ou distribués par un panier ou autres dispositifs. Un service apprécié et anonyme, assure Mme Cousineau.
«Les jeunes sont créatifs, dit-elle. Selon la couleur ils peuvent faire des jeux ou des échanges. Ça ne veut pas dire qu’ils vont l’utiliser. Ils vont peut-être juste faire un ballon. Mais ils ont pu le manipuler et sont désensibilisés à son utilisation.»
Quelques statistiques pour le Réseau local de services des Jardins-Roussillon
- Près de 3 jeunes sur 10 ont déjà eu une relation sexuelle (en baisse de 47% par rapport à 2010-11)
- 65% ont utilisé le condom lors de la dernière relation (un taux stable par rapport à 2010-11)
- 38% ont utilisé la double protection, un taux stable par rapport à 2016-17 mais dont la Direction de la santé publique aurait souhaité une hausse
- Parmi les facteurs de risque on observe que le coït interrompu semble en baisse
- Près d’un adolescent sur 3 (29%) a eu 3 partenaires ou plus à vie, une statistique en diminution par rapport à 2016-17 2016-17
