La Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) a fait parvenir une missive qui a soulevé l’ire d’une partie de la population plus tôt cette semaine.
Celle-ci concernait les préoccupations de la CECC sur l’éthique relative aux vaccins de la COVID-19. Monseigneur Noël Simard, évêque du diocèse de Valleyfield s’est levé pour faire une mise au point. « Je suis un des répondants francophones de la CECC en matière d’éthique et, sans me faire le défenseur de cette note qui a créé une onde de choc dans les réseaux médiatiques et sociaux, je tiens à faire une mise au point », a-t-il lancé.
Note maladroite et controversée
Pour Monseigneur Simard, la prise de parole de la Conférence visait à inciter les gens à se faire vacciner. « C’est un acte de charité et de solidarité dans le but commun d’éradiquer la propagation du virus. Elle voulait aussi répondre aux catholiques qui se posaient la question à savoir s’il était moralement acceptable de recevoir des vaccins “dont le développement, la production ou l’expérimentation ont comporté l’utilisation de lignées cellulaires dérivées de l’avortement”, a expliqué l’évêque.
Admettant que la note avait peut-être été mal rédigée, il ajoute qu’elle répond ainsi : « si le choix est possible, il faut privilégier ou préférer les vaccins qui ont été élaborés de la manière la plus éthique. Concernant les autres vaccins qui ne sont pas éthiquement irréprochables, les catholiques peuvent les recevoir en bonne conscience, étant donné le lien très faible et minime avec des lignées cellulaires créées il y a plus de quarante ans ». « C’est aussi l’urgence sanitaire et le devoir de protéger notre santé et celle des autres », ajoute Monseigneur Noël Simard qui recevra le vaccin dès la semaine prochaine.
« Il faut se faire vacciner. Ce n’est pas une question de choix, mais un devoir moral en vue du bien commun. Moi-même, j’irai recevoir le vaccin la semaine prochaine, sans considération du type de vaccin qui me sera proposé », écrit-il.
Son point de vue
Cette note de la CECC arrive dans un moment peu propice. « Considérant qu’il faut tout faire pour encourager la vaccination. En ce sens, je dois dire merci aux chercheurs ainsi qu’à tous ceux qui ont collaboré à ce grand succès de la découverte et de la production des vaccins réalisées en un temps record », a précisé celui qui a vécu la douleur de perdre une proche il y a deux semaines.
« Je voudrais ajouter un grand remerciement à celles et ceux qui ont assuré et continuent d’assurer avec générosité et amour les services de santé et les services essentiels. Il y a quelques semaines, une de mes sœurs est décédée de la COVID-19. C’est grâce à des infirmières et des préposées exceptionnelles que ma sœur a pu connaître une fin de vie digne et remplie de compassion, malgré que les membres de la famille ne pouvaient se rendre à son chevet », a dit celui qui a pu bénir sa sœur par Facetime, moins de 48 heures avant son départ.
Écrit le 11 mars, journée de commémoration nationale, son message fait aussi mémoire de ces milliers de personnes qui sont décédées à cause de la COVID. Enfin il conclut ainsi: « Plus que jamais, nous sommes appelés à vivre la solidarité internationale en partageant avec les pays pauvres et en s’assurant qu’ils aient accès, eux aussi, aux vaccins, et ce, à un moindre coût ».

