Un sondage mené par la CSN auprès des paramédics de la Montérégie, membres d’un syndicat CSN, démontre qu’une forte majorité d’entre eux songeraient à quitter leur employeur actuel.

Dans un communiqué diffusé par la CSN mardi, celle-ci indique avoir demandé à ses membres où ils et elles se voyaient dans un horizon de cinq ans. Parmi les 386 répondants de la région, 92 estiment qu’ils seront toujours à leur poste. Pas moins de 75 d’entre eux envisagent un retour aux études, et 102, un changement de carrière. Une vingtaine de répondants comptent prendre leur retraite d’ici les cinq prochaines années.

« C’est un signal d’alarme qu’il faut prendre au sérieux, prévient le président du Syndicat des paramédics et du préhospitalier de la Montérégie (CSN), Gaétan Dutil. Actuellement, ce qu’on observe dans le secteur c’est que beaucoup de paramédics font le choix d’aller ailleurs après seulement quelques années de carrière. On peut comprendre ce choix. Les paramédics ont tous une formation collégiale au minimum. Ils vivent un niveau élevé de stress lié à l’emploi, des surcharges de travail, des risques physiques et psychologiques… quand ils comparent leur salaire et leurs conditions de travail à ce qui est offert ailleurs, le secteur préhospitalier n’est vraiment pas concurrentiel… Qu’il s’agisse des travailleurs des autres services d’urgence, de leurs collègues du réseau public de santé et de services sociaux, voire des conducteurs de véhicules lourds, tous ces travailleurs et travailleuses reçoivent un salaire plus en phase avec leur réalité. »

Impasse dans les négociations

Les paramédics sont sans convention collective depuis le 1er avril 2023 et leur dernière augmentation de salaire remonte au 1er avril 2022. Ils ont déclenché une grève le 6 juillet 2025, avec maintien des services essentiels. Depuis, ils ont pris part à une cinquantaine de rencontres de négociation.

Au coeur des enjeux qui demeurent en négociation, l’établissement d’un juste salaire pour les paramédics, la surcharge de travail et l’accès à certaines mesures octroyées par le gouvernement à d’autres groupes de la santé et des services, comme la bonification de certaines primes et de la rémunération des heures supplémentaires.

Sur les 386 personnes sondées, à peine sept identifient les conditions de travail comme un élément les encourageant à demeurer à leur emploi pour les cinq prochaines années. « Je ne peux pas dire que ça m’étonne, poursuit Gaétan Dutil.
Les paramédics ne se sentent pas respectés par le gouvernement, qui laisse traîner les négociations en longueur et agit comme s’il tenait tous les paramédics pour acquis… il y a urgence d’agir. »